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Rilès © Victor Laborde

10 choses à savoir sur Rilès, le nouveau phénomène du rap

InterviewRetenez bien son nom car, Rilès est incontestablement l’une des figures musicales de la rentrée. Son très attendu premier album, “Welcome to the jungle” est une véritable pépite, une compile de textes introspectifs qui reflètent un genre musical sans aucune limite. A 23 ans, cet autodidacte originaire de Rouen peut se targuer d’avoir tout d’un grand. Voici tout ce que vous devez savoir sur le nouveau roi de la jungle. Interview.

1. Il a tout appris dans sa chambre

Auteur, compositeur, interprète et producteur, Rilès s’est initié à la musique, à l’écriture, aux techniques d’ingénierie du son, du mixage et du mastering... dans sa chambre à coucher. “Au départ, nous confie ce natif de Rouen, j’avais pour ambition d’enregistrer en studio mais c’était trop cher. Je n’y ai fait qu’une courte session de quelques heures qui m’a coûté 100€. C’était tout ce que j’avais à l’époque.” C’est donc en suivant des tutoriels sur Youtube et en achetant du matériel d’occasion sur Internet - il nous a avoué s’être souvent fait arnaquer - qu’il a créé ses premiers sons, chez lui.

2. À côté de la musique, il peint

“Pour acheter mon matos, je vendais des peintures aux voisins. Je faisais surtout des trucs très figuratifs, des portraits. Un homme m’avait commandé celui de Didier Deschamps parce que son fils était fan de foot. Il n’est jamais venu le chercher et il trône toujours dans ma chambre.” La pochette de son premier album, “Welcome to the jungle”, n’a, par contre, pas été peinte par Rilès qui a confié la lourde de tâche de le dessiner à l’artiste ukrainien Denis Sarazhin.

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“Ma mère était femme de ménage et mon père était au chômage. Il était hors de question que je leur dise que je rêvais de percer dans la musique.”

3. Ses parents ont longtemps ignoré qu’il faisait de la musique

“Ma mère est un peu sourde, donc elle n’entendait pas ce que je faisais dans ma chambre. J’ai toujours été très pudique, timide. Je me cachais, je m’enfermais dans ma chambre pour bosser. Ma mère était femme de ménage et mon père était au chômage. Il était hors de question que je leur dise que je rêvais de percer dans la musique. Ils se seraient inquiétés et se seraient dit qu’on finirait vraiment dans la dèche. Ils ont découvert que je faisais de la musique par eux-mêmes et, aujourd’hui, ils sont très fiers. Ma mère m’a vu dans le journal. Elle était super contente.”

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Rilès © Victor Laborde

4. Il a étudié l’anglais

Si son flow est comparable à ceux des plus grands rappeurs américains, c’est sans doute parce que Rilès maîtrise à la perfection la langue de Shakespeare. Après avoir obtenu son bac, il a étudié la littérature anglaise. “Mon anglais n’est pas parfait mais je ne fais pas corriger mes textes. Mon vocabulaire n’est pas infini. J’ai mes lacunes mais on peut toujours s’améliorer. Dans trois ans, je parlerai encore mieux. Mes profs de fac m’ont parfois fait remarquer qu’il y avait des erreurs dans mes chansons. J’ai choisi de chanter en anglais par pudeur. Je ne voulais pas que quelqu’un comprenne mes textes s’il tombait dessus par hasard. Mes morceaux sont très autobiographiques. Je n’avais pas forcément envie que ma mère sache que je m’étais fait larguer. Je ne me confie pas facilement. Ma musique est très autocentrée. Je raconte ma vie, ses hauts, ses bas. Je ne vais pas écrire des chansons d’amour alors que je ne vis pas d’histoire d’amour. Si je gribouille des phrases en français, je les file à mes amis du rap français.”

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“Je veux rester intègre, fidèle à ce que je suis et ne pas devenir le pion d’une entreprise qui charbonne.”

5. Il a signé sur un label américain

À l’instar de Drake, Justin Bieber ou encore Ariana Grande, Rilès fait partie de la grande écurie des artistes de Republic Records. “Sur papier, c’est impressionnant mais, dans ma tête, ça ne l’est pas. C’est juste une signature. Et, signer aux États-Unis ne veut pas dire que tu vas réussir aux États-Unis.” C’est rare pour un frenchie d’appartenir à une maison de disques outre-Atlantique, mais Rilès garde la tête froide. “On m’a invité à une session d’écriture pour Rihanna il y a quelques années et, j’ai réalisé que l’industrie musicale était un énorme business. Naïvement, je pensais que, comme moi, elle bossait ses chansons de son côté, et pas que son label conviait des artistes et des musiciens du monde entier à lui concocter une petite centaine de tubes. Je sais que, d’un point de vue extérieur, personne ne s’en rend compte et que, si je voulais, je pourrais moi aussi faire un disque en une semaine. Mais, j’ai mon intégrité. Je ne pourrais pas me permettre de travailler à la chaîne. Je veux rester fidèle à ce que je suis et ne pas devenir le pion d’une entreprise qui charbonne.”

6. Cette année, il était invité aux VMA’s (Video Music Arwards)

“Tout me paraissait tellement faux, industrialisé, épuré. Tout le monde est distant là-bas. J’ai un pied-à-terre à Los Angeles mais cette ville n’a pas d’âme. Elle manque d’un peu de folie.”

7. Il a lancé les RilèsSundayz

En 2016, il lance les RilèsSundayz et se met au défi de publier un nouveau titre chaque semaine pendant un an. “C’était ma priorité. J’ai planté une graine, c’est devenu une forêt.” Il se fait repérer par le youtubeur Seb la Frite qui fait grimper sa cote de popularité en flèche sur les réseaux sociaux. Dans la foulée, on lui propose de réaliser un premier album mais Rilès préfère ne pas se précipiter. “Sans doute que l’album aurait eu plus d’impact si je l’avais sorti il y a un an”, nous précise-t-il, “mais j’ai privilégié la qualité à la rapidité.”

8. Il collectionne les sabliers

“Je suis obsédé par le temps qui passe. Le sablier, c’est mon porte-bonheur pour contrer le mauvais sort. J’ai tout le temps besoin d’en acheter. C’est aussi inexplicable pour moi que les goûts et les couleurs. C’est un virus qui s’est infiltré, qui s’est ancré en moi et qui a façonné la personne que je suis.”

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“La mort me poursuit. Je pense constam­ment au temps qu’il me reste avant qu’elle ne me rattrape.”

9. Il a échappé à la mort plusieurs fois

“La mort me poursuit. Je pense constamment au temps qu’il me reste avant qu’elle ne me rattrape”, nous dit le rappeur qui a miraculeusement survécu à plusieurs accidents, notamment de la route. “Je suis tombé sur la tête. On m’a déclaré mort. Mon père m’avait filmé dans ma chambre d’hôpital et je me revois dans mon lit relié à tous ces tuyaux, ces tubes et ces machines.” Si sur “Thank God”, l’un de ses morceaux, il évoque les cicatrices sur ses poignets, Rilès rassure: il n’a jamais tenté de mettre fin à ses jours. “Mon père m’a appris à être solide comme un roc. Mais, j’ai un côté très autodestructeur dont j’essaye de me défaire. Cette phrase évoque cette fâcheuse tendance que j’ai à me faire du mal. Même si j’essaye de faire le maximum pour que ma musique inspire les gens, je sais que ne suis qu’un homme, que je suis éphémère.” En prêtant attention à la tracklist de “Welcome to the jungle”, vous aurez d’ailleurs peut-être remarqué que les premières lettres de chacune de ses chansons forment l’acrostiche latin “Antequam Moriamur”, qu’on pourrait traduire en français par “Avant de mourir”.

10. Il a la tête sur les épaules

S’il en impose physiquement, Rilès est une force tranquille. Derrière cette tignasse brune et cette voix rauque, se cache un rappeur posé, serein et réfléchi, presqu’à l’opposé de l’énergie qu’il déploie sur scène ou dans ses clips où il s’adonne à une autre de ses passions, la capoeira. Comme si toute l’étendue de son talent ne suffisait pas déjà à nous filer des complexes! Malgré l’engouement qu’il suscite, Rilès garde la tête sur les épaules. “Je gère assez bien le fait d’être adulé. Je gèrerais moins le fait de ne pas l’être. L’amour que je reçois me fait du bien. C’est une force. Le truc, c’est de ne pas se laisser engloutir par son art, de ne pas se laisser dépasser par ce qu’on a créé. Je pense que tout est temporaire.”

“Welcome to the jungle”, par Rilès (Universal Music). En concert le 20/11 au Palais 12 de Bruxelles. Infos et réservations:www.palais12.com

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