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Arno © BELGA

Arno a 70 ans: “J’ai encore 20 ans, seul le sexe est différent”

Mardi, le célèbre chanteur belge aura 70 ans. Et pourtant, il a toujours l’impression d’en avoir 20 ou 40. “Seul le sexe prend un peu plus de temps”, dit-il. 

“Je suis né dans un taxi, sur le chemin de la maternité”, raconte Arno. “Quand j’ai eu quinze ans, j’ai trouvé un portefeuille dans la rue et je l’ai amené à la police. Le propriétaire a voulu me donner vingt francs et quand il est arrivé à la maison, mon père a reconnu le chauffeur de taxi. Il m’a donné 50 francs”.

La mère d’Arno

Elle apparaît dans sa chanson “Dans les yeux de ma mère”. Il en parle comme une femme forte, qui s’est battue pour que son prénom, Arno, soit reconnu alors que le bureau de l’état civil refusait de l’inscrire. Dans sa vie, ses tantes auront été importantes, tout comme ses grands-mères, poursuivies par les nazis, à la fin de la guerre. 

La découverte du rock

C’est chez une amie qu’Arno a une révélation, en écoutant “One Night With You” d’Elvis Presley. Adolescent, il est subjugué par les beatniks, qui débarquent à Ostende. Il fréquente les clubs de la ville, où il assiste aux concerts des Moody Blues et des Viper. Plus tard, son professeur de morale lui ouvre les portes du Blues, en lui confiant les albums de Sonny Boy Williamson, Muddy Waters, Mississippi, Fred McDowell, Robert Johnson et Lightnin “Hopkins.”

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Arno lors de sa nomination en tant que citoyen d’honneur de la ville de Bruxelles. © BELGA

La liberté

Un jour, avec un sac rempli de magazines de musique, le jeune Arno part de la maison pour vivre au jour le jour. Il fonde un groupe, Freckle Face, avec Paul Couter, le propriétaire du Tuf Tuf Club, la boutique la plus branchée d’Ostende. 

Avec une jeune fille au pair française rencontrée à Londres, il part ensuite à Paris, en plein milieu des manifestations de mai 1968. Il a 19 ans. Il y rencontre Sartre et Beauvoir. Il cuisinera pour Marvin Gaye et fréquentera le claviériste Odell Brown.

Son fils

Un des fils du chanteur est fan de musique underground. Arno sent avec lui que la révolte recommence. “Ces filles du climat”, dit-il. “Elles n’ont pas dix-huit ans qu’elles sont déjà plus informées que la plupart des hommes politiques”.

Quand son fils est né, Arno venait de sortir “Charlatan”, considéré comme son premier véritable album solo. Il avait 40 ans et vivait sur un nuage. 

“Je suis moi-même”

L’artiste ne veut jamais jouer un rôle. “Les gens doivent me prendre comme je suis. Je ne voudrais pas être quelqu’un d’autre, mais je ne voudrais pas que tout le monde soit comme moi non plus”. 

“J’ai testé beaucoup de choses, mais ça en est resté là”

Arno se sent toujours jeune et en pleine forme, malgré son âge. “Peut-être parce que je joue beaucoup avec des jeunes”, dit-il. Il admet avoir testé des drogues, mais sans jamais aller plus loin. 

Avec les nouvelles technologies, il se considère en revanche comme un dinosaure. Il utilise toujours son vieux Nokia et n’a jamais envoyé de mail. Quand il dit à son fils informaticien qu'il va prendre des cours d’informatique, ce dernier lui répond qu'il est trop tard.

Le chanteur partage sa vie entre Bruxelles et Ostende. Il aimerait passer plus de temps avec ses fils. Il vivra tant qu’il pourra encore faire de la musique, annonce-t-il. Ses deux prochains concerts à Ostende affichent déjà complet.

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Arno, lors des D6bels music awards, en janvier 2016 © BELGA