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Ava Max © Lauren Dunn

Ava Max (“Sweet but Psycho”): “J’ai eu des pensées suicidaires”

InterviewAva Max (25 ans), de son vrai nom Amanda Ava Koci, est l’une des nouvelles sensation de la pop américaine. Son titre, “Sweet but Psycho” cartonne sur les ondes et un premier album très attendu devrait sortir d’ici la fin de l’année. Rencontre...

Ava, vous faites de la musique depuis toujours et vous voilà subitement projetée sur le devant de la scène. Vous y étiez-vous préparée?

“Pas du tout. Pour être tout à fait honnête, je n’ai jamais rêvé de devenir célèbre. Je n’ai jamais aimé que les caméras soient braquées sur moi. Mais bon, j’adore chanter, j’adore la scène et rencontrer mon public. Donc, ça vaut la peine.”

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“Toute ma vie, j’ai eu l’impression de ne pas être assez jolie, de ne pas être assez intelligente.”

Ava Max

Sur “Sweet but a Psycho”, vous dites que vous êtes adorable... mais à la fois un peu barrée. C’est vraiment le cas?

“J’ai écrit cette chanson suite à une rupture amoureuse. Je suis longtemps sortie avec des garçons qui prenaient la fuite face à des filles qui, comme moi, osaient défendre leurs opinions. Dès que vous montrez que vous avez du caractère, ce genre de mecs part en courant parce que, justement, ils trouvent que vous êtes un peu barrée. Moi, je dirais plutôt que je suis passionnée. Toute ma vie, j’ai eu le sentiment de ne pas être assez jolie, de ne pas être assez intelligente. Puis, j’ai fini par ouvrir les yeux. Il était temps que j’arrête de m’enfermer dans des relations nocives.”

L’émancipation des femmes semble être un sujet qui vous tient particulièrement à cœur. Il aura une place importante sur votre premier album, à paraître d’ici la fin de l’année?

“Oui. J’ai grandi entourée de femmes très fortes. Ma mère, ma grand-mère et ma tante m’ont toujours poussée à croire en moi. Et, d’ailleurs, la première chanson que j’ai écrite à l’âge de 14 ans, s’intitulait “Treat me like a lady” (“Traite-moi comme une femme”, NDLR). J’ai aussi repris “Barbie Girl” en changeant les paroles. J’aimais la mélodie mais, soyons clairs, je ne suis la poupée Barbie de personne. J’ai toujours eu envie d’écrire des chansons pour ces jeunes femmes qui, contrairement à moi, n’ont pas eu de modèles autour d’elles pour les pousser à croire en elles et à s’accepter. Tant mieux si, grâce à ma musique, je peux les aider à se sentir plus fortes. Car, moi aussi, il m’est arrivé de me sentir vulnérable...”

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“Je ne suis la poupée Barbie de personne.”

Ava Max

Vous avez d’ailleurs été victime de harcèlement scolaire...

“J’ai longtemps suivi des cours à domicile. Quand j’ai commencé l’école, je me suis mis une bande de filles à dos. Je mangeais mon sandwich seule, enfermée dans les toilettes, sur mon heure de table. Elles me prenaient pour une extraterrestre. Devant elles, je faisais la fière mais, en réalité, je n’en menais pas large. Dès que je rentrais à la maison, je fondais en larmes. Suite à cet épisode, j’ai recommencé à étudier à la maison. Je suis tombée en dépression.”

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Ava Max © Lauren Dunn

Qu’est-ce qui vous a aidé à relever la tête?

“J’ai traversé une période très noire. J’avais des pensées suicidaires, j’étais sujette aux crises de panique. J’ai d’ailleurs dû être hospitalisée. Les maladies mentales ne devraient pas être un sujet tabou. Pour s’en sortir, il faut être bien entourée, avoir des proches autour de soi qui vous disent : “Demain sera un jour meilleur”. Même si vous n’y croyez pas, que vous tomberez encore. Ces choses-là prennent du temps, ce n’est pas facile, mais j’ai fini par arriver à me regarder dans le miroir et à pointer du doigt toutes ces petites choses que j’aime chez moi, qui me rendent belle. J’ai fini par comprendre que chaque jour qui se lève est une nouvelle chance de recommencer à zéro. Puis, la musique m’a beaucoup aidée aussi.”

Qu’écoutiez-vous petite fille?

“Whitney Houston, Mariah Carey, Céline Dion. Je m’enfermais à la cave et j’essayais d’atteindre les mêmes notes qu’elles. Plus tard, je me suis mise à écouter Britney Spears, Christina Aguilera ou Gwen Stefani. Dès l’âge de 7 ans, j’ai commencé à participer à des concours de chant. Ma mère chantait aussi et mes proches m’ont toujours soutenue. Nous sommes originaires d’Albanie mais je suis née dans le Wisconsin, aux États-Unis. On a ensuite déménagé en Virginie, puis à Los Angeles, parce que mon entourage me croyait capable de faire carrière. Mon grand-frère a même été mon manager. Mais, j’ai fini par le virer car je n’acceptais pas de recevoir des ordres de sa part (rires).

Vous avez collaboré avec David Guetta sur le titre “Let it be me”. Comment est-il?

“Je m’attendais à tomber sur une star, cachée sous ses grandes lunettes de soleil et, contre toute attente, j’ai rencontré un mec très humble avec qui je partage un tas de points communs.”

Comme?

“On adore manger et on peut parler de bouffe pendant des heures (rires).”