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Véhicule de police à Tomorrowland, en juillet dernier © BELGA

Des fouilles à nu dans les festivals, vraiment?

Étonné après avoir eu écho de fouilles “à nu” (dites fouilles judiciaires, techniquement), subies l’an dernier au Voltage Festival à Zwevegem par des festivaliers désignés par un chien mais sur lesquels rien d’illicite n’avait été trouvé, l’entrepreneur Peter Decuypere, à qui l’on doit notamment le festival I Love Techno, a lancé mercredi via Facebook un appel à témoignages, avec des récits interpellants à la clé, relaient samedi les médias flamands.

“J’en ai fait l’expérience à Tomorrowland. Ils étaient de plus en plus fâchés, parce que je n’avais rien. Un ami a déjà eu la même chose. Les deux cas à quatre ans d’intervalle, même procédure: emmenés à l’écart, déshabillés complètement, tous les vêtements contrôlés, le moindre ourlet, enlever le caleçon et s’accroupir trois fois”, témoigne quelqu’un. “Vécu aussi en quittant (!) l’Ostend Beach Festival. Pas de chien. Fouille à nu sans drogue découverte”, réagit un autre festivalier. “Cela se passe chez nous depuis quatre ans”, confirme l’organisateur Jan Mortelmans. “Il y a quatre ans, nous avions eu une multitude de commentaires. Quatre ans plus tard, nous sommes vus comme un festival exemplaire”, observe-t-il.

D’après d’autres témoignages, des fouilles similaires se sont aussi produites dans les festivals Extrema Outdoor et Dystopia.

La police peut effectivement procéder à ce genre de fouilles. Elles peuvent être motivées quand un chien désigne une personne ou par des signes de consommation de drogue. La personne est prise à part et les vêtements sont fouillés. Si d’autres indices sérieux indiquent la présence de drogue, cela peut mener à une fouille “à nu”. Celle-ci doit se faire dans un espace séparé et être exécutée par un agent du même sexe.

Pour Peter Decuypere, partisan de méthodes décentes, ces fouilles doivent rester l’exception, car elles frôlent de possibles violations de l’intégrité humaine.