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Illustration © Thinkstock

Pourquoi les “vieux” n’aiment pas la musique actuelle?

Il incarne sans doute l’un des différends les plus profonds du fossé intergénérationnel. Les parents n’aiment généralement pas les goûts musicaux de leurs enfants et il est fort à parier que ces derniers perpétueront la “tradition”. Mais pourquoi au juste? Si les thèses biologico-cérébrales existent, l’explication semble davantage d’ordre psychologique, relate Quartz

La musique, c’était mieux avant, à l’époque où les chanteurs à succès savaient écrire de beaux textes et les chanter sans auto-tune, quand les artistes en vogue se produisaient sur scène avec des musiciens qui savaient encore jouer d’un instrument. La scène est familière, c’est le cas de le dire. Le discours nostalgique au ton péremptoire émane généralement d’un aîné issu d’un temps que son interlocuteur ne peut pas connaître: un père, un oncle, un cousin plus âgé, bref un “plus vieux”. 

Décrochage de la trentaine

Il existe de nombreuses études sur le sujet. Ainsi, selon l’une, dès le début de la trentaine, la plupart des gens cessent de s’intéresser à l’actualité musicale. Ils perdent donc le fil, progressivement, et restent accrochés à leurs acquis. Un répertoire de jeunesse bien enraciné et cultivé au sein du groupe d’amis, d’une génération. Selon une autre, le vieillissement du cerveau rend de plus en plus difficile la compréhension et la distinction d’univers musicaux inédits. 

Effet de simple exposition

Mais, selon Quartz, l’explication est ailleurs. Ce contraste résulterait plutôt des conséquences de l’effet de simple exposition: en gros, plus un sujet est exposé à quelqu’un ou quelque chose, mieux il l’appréhende et plus il l’apprécie. La répétition et la fréquence agissent donc positivement sur son jugement. Le pouvoir de la publicité est l’un des exemples les plus révélateur de ce phénomène. 

Émotions juvéniles intenses

En outre, l’intensité supérieure des émotions juvéniles grave plus profondément le souvenir et détermine, par conséquent, les préférences futures. C’est l’une des raisons pour laquelle l’adulte en situation de décrochage musical continue à se réfugier dans son ancien répertoire au détriment de productions plus contemporaines. Ces dernières en effet ne lui procurent pas les mêmes sensations intenses. 

Bref, le meilleur moyen d’échapper à ces symptômes, c'est de ne rien lâcher et de continuer à alimenter la machine à souvenirs.