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Rohff nie les coups mais pas sa présence dans le magasin

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Le rappeur Rohff, soupçonné d'avoir participé à une bagarre dans une boutique distribuant les vêtements de la marque de son rival Booba, a été placé mardi en garde à vue, nouvel épisode d'une guerre à laquelle se livrent les deux artistes depuis des mois.

Le rappeur s'est rendu de lui-même à la police quelques heures après cette rixe, accompagné de son avocat, mardi vers 04H00 du matin, "pour s'expliquer", selon une source proche de l'enquête. Il était toujours en garde à vue mardi soir.

Tout a débuté lundi en fin d'après-midi lorsque Rohff, accompagné de plusieurs autres personnes, s'est présenté dans une boutique de la rue de la Ferronnerie, dans le quartier des Halles à Paris. "Il ne nie pas sa présence dans ce magasin", a précisé son avocat Francis Terquem à BFMTV. Ce magasin distribue les vêtements de la marque Unküt appartenant à son grand rival, Booba. Les deux artistes s'attaquent régulièrement depuis plusieurs mois dans leurs chansons, sur les réseaux sociaux ou bien pendant leurs concerts.

Récemment, Booba, qui vit entre la France et Miami, après un énième clash, avait invité Rohff à venir en découdre avec lui à Paris via so ncompte Instagram. Selon Me Terquem, l'artiste s'est bien rendu dans ce magasin en raison du "climat d'animosité qui semble-t-il est patent entre ces deux rappeurs, et des provocations sur des réseaux sociaux qui ont un peu mis le feu aux poudres".

Peu après leur arrivée, "une bagarre violente a éclaté avec l'un des employés, un homme de 19 ans", a expliqué une source policière.


Expédition punitive
"Peut-être est-ce en raison de la rivalité des deux artistes, mais peut-être pas, ce sera à l'enquête de le déterminer", a tempéré un enquêteur. "Cela ressemble en tout cas à une expédition punitive", a estimé une autre source policière. Un témoin direct des faits a accusé Rohff d'avoir le premier frappé la victime à la tête avec un poing américain, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

Le rappeur a cependant contesté avoir porté des coups, selon cette source, qui a précisé que des images de vidéosurveillance étaient en cours d'exploitation.

L'employé a été sérieusement blessé, frappé à coups de poing et à coups de pied et a dû être hospitalisé. Son pronostic vital a été réservé pendant quelques heures mais il était sorti du coma mardi en début d'après-midi et a pu être brièvement entendu par les enquêteurs.

Cet épisode marque en tout cas une nouvelle étape dans l'affrontement entre les deux artistes qui était resté cantonné jusque-là aux mots et à des attitudes provocatrices.

"Ce qui s'est passé est vraiment lamentable", a réagi Olivier Cachin, journaliste spécialisé dans le rap. "Avant, il y a eu les violences verbales, des posts agressifs et des photomontages sur les réseaux sociaux mais ça ne dépassait pas des échanges musclés à distance, du style qui a la plus grosse". "Cette affaire est tragique. Dès que j'ai appris ce qui s'était passé dimanche soir, j'ai pensé à ceux qui détestent cette culture et qui vont en profiter pour taper sur le rap. L'image du rap est en danger. Le hip hop connaît de grands artistes et de très belles ventes mais l'équilibre est fragile. Il ne faut pas grand-chose pour que la haine contre cette musique se réinstalle", a-t-il ajouté.

Mais pour Tchulo et Hugo, des jeunes travaillant dans un magasin voisin, interrogés par l'AFP dans le quartier des Halles, cette bagarre ne risque pas de semer la zizanie parmi les amateurs du rap. "En banlieue dans le même quartier, il y en a qui préfèrent Booba et d'autres Rohff, ça m'étonnerait qu'ils se tapent entre eux pour ça. Les gens ont une tête, ils savent que le clash Booba-Rohff c'est plutôt du marketing", a estimé l'un d'eux.

En février 2013, la voiture d'un autre rappeur lui aussi coutumier des clashs médiatiques, La Fouine, avait été la cible de coups de feu à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) alors que l'artiste n'était plus dans son véhicule.

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