Un musicien liégeois victime de vendeurs peu scrupuleux: “Je n’ai pas été consulté quant à la création de ces produits”

Will Z. est la victime de vendeurs asiatiques qui utilisent deux de ses visuels sur des t-shirts. Une situation flatteuse, mais qui embête beaucoup l’artiste liégeois, alors qu’il connaît quelques difficultés pour finir son prochain album.

La pochette de "Dark Tales of Will Z." a été utilisée sur des t-shirts sans l'accord de Marcelin Willems.
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La pochette de "Dark Tales of Will Z." a été utilisée sur des t-shirts sans l'accord de Marcelin Willems. © D.R.

Marcelin Willems, plus connu sous le nom de Will Z., est producteur et multi-instrumentiste. Il y a peu de temps, nous vous parlions de cet artiste liégeois, bien connu dans le milieu du rock psychédélique, alors qu’il venait de sortir l’album “Hello Ghost” avec son duo Black Moon Tape. Si aujourd’hui, nous vous en parlons à nouveau, ce n’est pas pour une aussi bonne nouvelle. Que du contraire. Le musicien est en effet victime d’une escroquerie sur Internet.

“J’ai découvert qu’une compagnie basée en Indonésie, ou à Hong Kong, ce n’est pas très clair, vend des t-shirts sur eBay représentant la pochette d’un 45 tours promo d’un de mes albums”, explique Marcelin. Pire encore, les faussaires utilisent également une photo de lui, prise lorsqu’il était enfant lors d’une fête de carnaval, et qui se trouve sur la pochette de l’album “Dark Tales of Will Z.”, un album sorti chez Headspin Records.

La pochette représente Marcelin lors d'un carnaval.
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La pochette représente Marcelin lors d'un carnaval. © Capture d'écran eBay

D’autres artistes cibles d’escrocs étrangers

“Si cela peut sembler flatteur, de prime abord, qu’un vendeur pense que j’ai suffisamment de notoriété pour vendre des t-shirts en utilisant mon nom et ma musique, cela ne l’est pas. Je n’ai pas été consulté quant à la création de ces produits et je ne perçois évidemment rien du tout sur les ventes”, dénonce le musicien liégeois.

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Ce n’est pas un hasard si notre scène alternati­ve est visée par cette arnaque.

Marcelin Willems

Il semblerait que Marcelin ne soit pas le seul artiste à faire l’objet de ce genre de fraude. Après avoir consulté plusieurs compères du milieu, il s’est rendu compte que d’autres musiciens psychédéliques ont connu ce type de mésaventure. Et les malfrats du net semblent, à chaque fois, venir d’Indonésie ou de Hong Kong. “Je pense que ce n’est pas un hasard si notre scène alternative est visée par cette arnaque. Je suis suivi par un public dit “de niche”, ce qui signifie un public restreint, mais rentable. Et surtout un public qui aime collectionner et achète encore beaucoup de supports physiques”, commente-t-il.

Même si la démarche est illégale, poursuivre le vendeur pourrait se montrer inutile.
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Même si la démarche est illégale, poursuivre le vendeur pourrait se montrer inutile. © Capture d'écran eBay

Des poursuites trop coûteuses et peut-être inutiles

Selon la loi belge du 30 juin 1994 relative aux droits d’auteurs, “l’auteur d’une œuvre littéraire ou artistique a seul le droit de la reproduire ou d’en autoriser la reproduction, de quelque manière et sous quelque forme que ce soit”. S’il existe quelques exceptions à la règle, Frédéric Lejeune, avocat spécialisé en matière de propriété intellectuelle et droit d’auteur, indique que la démarche du vendeur est bien illégale : “Il est bien question, ici, de la commercialisation d’une création dont le vendeur n’a pas les droits. À ce moment-là, l’auteur de l’œuvre, que ce soit le logo, la photo ou le texte, peut s’opposer aux copies qui en sont faites.” 

Le problème que souligne Marcelin, c’est que la scène alternative n’a pas forcément beaucoup de moyens pour engager des poursuites. “Je ne crois pas que le vendeur ait distribué beaucoup de ces t-shirts. Je me vois mal entreprendre des démarches coûteuses pour ne récupérer qu’une somme dérisoire”, regrette-t-il. 

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Le plus énervant, c’est que je galère pour réunir des fonds afin de terminer le prochain album de Black Moon Tape, et pour continuer à faire une musique sans compromis, alors que certaines structures utilisent, sans scrupule, mon nom, ma musique ou les visuels de mes disques, pour gagner de l’argent.

Marcelin Willems

Frédéric Lejeune rejoint Marcelin sur ce point. Ce qui rend toute poursuite difficile, c’est tout d’abord le fait que le vendeur soit basé en Asie et qu’il n’est pas possible d’identifier avec assurance le pays dont il est originaire. Ensuite, même s’il tentait quoi que ce soit, Will Z. ne serait pas certain d’être indemnisé. “Selon moi, la meilleure solution reste de contacter eBay pour informer qu’il y a une fraude et de demander au site de prendre des mesures. Toutefois, eBay s’octroiera le droit d’accepter ou non cette requête”, conclut l’avocat.

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