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Daniel Balavoine et Thierry Sabine, le fondateur du Paris-Dakar, sur la course, en 1986. © PhotoNews

Ce jour où ils ont trouvé le corps de Daniel Balavoine

Le chanteur français perdait la vie le 14 janvier 1986. Il avait seulement 34 ans.

Dominique Fillion et Nathalie Odent étaient parmi les seuls journalistes à couvrir la course Paris-Dakar en 1986. L’interprète de “Quand on arrive en ville” était présent sur les lieux en tant qu’ambassadeur de l’action humanitaire “Paris du Cœur”. Ce jour-là, un fort vent de sable soufflait sur la région. Au coucher du soleil, alors que son hélicoptère n’était pas équipé pour voler de nuit et que les conditions de vol étaient exécrables, Daniel Balavoine est monté dans l’engin qui lui permettait d’avancer sur le tour. À cinq minutes seulement d’un bivouac, le pilote qui n’était plus guidé que par les phares rouges d’une voiture, n’a pas été capable de distinguer une dune de trente mètres, la première dune depuis 150 kilomètres. L’hélicoptère a basculé et s’est désintégré, tuant ses cinq passagers sur le coup.

“À l’heure où c’est arrivé, il n’y avait plus de liaison radio, les fréquences ne passaient pas”, se souvient Dominique Fillion, chargé d’aller vérifier s’il y avait eu un accident. “On a découvert l’épave de l’hélicoptère grâce aux instructions des témoins sur place, grâce à nos phares. On est descendu avec les lampes de poche qu’on avait, pour chercher dans les débris”. À l’époque, les journalistes accompagnaient les pompiers. Chaque année, à cette même période, il se souvient de ce jour où ils ont retrouvé Thierry Sabine, le fondateur du Paris-Dakar, Jean-Paul Le Fur, “un copain de RTL”, François-Xavier Bagnoud, le pilote qu’il connaissait à force de couvrir l'événement et puis ces deux corps inconnus.

Au micro d’Europe 1, le journaliste se dit toujours marqué par l’accident. Il raconte: “Le pompier qui était là s’est chargé de fouiller les cadavres pour trouver leurs papiers et il a découvert que c’était Balavoine. On ne savait pas qu’il était sur la course”.

Par respect, l’organisation et les journalistes ont préféré attendre que les familles soient prévenues avant d’alerter leurs rédactions. “On a gardé l’information toute la nuit, tout en écoutant Radio France Internationale pour savoir s’ils avaient pu obtenir la nouvelle et la diffuser par d’autres moyens. Ils ne l’avaient pas appris, personne ne le savait. C’est un truc extraordinaire, inconcevable aujourd’hui”, se souvient Dominique Fillon.