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© D8/Adam Recherche Eve

"J'ai dit à mes enfants: Maman part à Tahiti avec des gens tout nus"

L'émission de rencontres où les participants sont nus, "Adam recherche Ève" sera diffusée à partir du 26 mars à 20h05 sur AB3. Deux épisodes sont prévus par soirée.

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Les gens ont ce fantasme de vouloir en voir plus, mais en réalité, ils ne sont pas prêts.

Caroline Ithurbide, sur le fait de flouter les sexes
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L'émission fait parler en France. Elle débarque prochainement en Belgique, sur AB3. En effet, à partir du 26 mars, il sera possible de suivre cette émission de rencontres hors du commun. Sur une île, des célibataires se rencontrent dans le plus simple appareil.

Caroline Ithurbide, la présentatrice d'"Adam recherche Ève", a accepté de présenter l'émission pour des raisons toutes simples, comme elle l'explique à 7sur7. "J'ai accepté, tout d'abord, parce que cela représentait un véritable challenge pour moi. De manière générale, ça l'est pour une animatrice. Je savais que cette émission allait faire du bruit. Ensuite, je trouvais ce concept très amusant. Troisièmement, c'était quelque chose d'inédit, de novateur. Tant qu'à faire, autant prendre part à quelque chose de jamais vu. Et enfin, je savais que j'allais partir à Tahiti en novembre et décembre (rires)."

Vous aviez quelques appréhensions au début, tout de même...
"Oui, mais D8 m'a rassurée. Je fais confiance à cette chaîne qui donne sa chance à de nombreuses personnes. Ils m'ont assuré que l'émission serait chic et pas du tout vulgaire et trash."

Quels étaient les critères de sélection des candidats?
Avant toute chose, il fallait que ce soit des gens qui cherchent véritablement l'amour et qui ont vécu une histoire d'amour compliquée. Il fallait qu'ils aient une démarche sincère pour trouver l'amour. Il y avait des critères physiques aussi: des gens qui assument leur nudité et qui ont une apparence de monsieur et madame tout-le-monde. Ça pourrait être vous et moi. La production a également fait attention à ce que les participants soient psychologiquement forts parce qu'ils allaient être exposés sur une émission qui allait faire parler. Au moment de la découverte, il fallait qu'ils puissent assumer d'être vus par leurs proches, leurs parents, leurs collègues... Donc il fallait des gens sincères, psychologiquement préparés et forts.

Les castings ont eu lieu nus?
Oui, tout a été dit au préalable pour qu'il n'y ait pas de mauvaise surprise. Il y a eu une partie habillée. Ensuite, les casteurs et la production ont demandé aux personnes de se dévêtir afin de voir si elles assumaient leur nudité, quel était leur rapport à la caméra, leur sincérité...

Vous aviez déjà montré vos seins recouverts d'un bijou de peau dans le Grand 8. Auriez-vous pu participer à une telle émission?
Il y a une grande différence entre porter un minuscule bout de tissu, aussi léger soit-il, et être complètement nu. Avec un minuscule morceau de tissu, on se sent encore protégé. Je trouve les candidats extrêmement courageux. Je suis admirative parce que c'est quelque chose de difficile à faire. Et puis, je ne cherche pas l'amour. Je l'ai trouvé il y a 10 ans. Mais peut-être que j'aurais aimé participer à ce programme il y a 15 ans d'ici. Je ne trouve pas ça dégradant.

À voir les commentaires du public, de la nudité est demandée puisque "Adam recherche Ève". Pourquoi avoir flouté les sexes?
Les sexes ont été floutés durant toute la saison. C'est une décision claire de la chaîne. Ça a été mûrement réfléchi. Je pense qu'ils ont bien fait. En France, on n'est pas tout à fait prêts à accueillir un tel programme novateur. De la nudité, ça aurait été dangereux, je pense. Les gens n'auraient pas été critiques, ils auraient été choqués. Les gens ont ce fantasme de vouloir en voir plus, mais en réalité, ils ne sont pas prêts. Dans d'autres pays, ils le font parce que les gens sont prêts, ils considèrent la nudité comme naturelle. Ici, c'est encore sexualisé, un peu tabou. Peut-être que cette émission va désacraliser la nudité. Mais ce n'est certainement pas une question d'hypocrisie.

Y aura-t-il une deuxième saison?
Ce n'est pas encore prévu. on vit d'abord la première. On verra quand on fera le bilan. Pour l'instant, on est encore dans le coeur de l'action. On le vit vraiment.

Comment, selon vous, ne pas franchir les limites de la vulgarité?
Il y a beaucoup de paramètres. Il y a d'abord la partie réalisation. Le parti pris est de faire des plans larges, des plans au-dessus des sexes, des plans de dos, des silhouettes... On n'a jamais franchi les limites. Ensuite, il y a le casting. On n'a pas choisi des gens qui voulaient absolument aller au clash. Il y a aussi l'animatrice qui porte l'émission. Je suis mère de famille de 35 ans avec un certain look. Et enfin, il y a le côté choc de D8. Au niveau éditorial, tous les jours, on a fait attention à ne pas parler de sexualité, de ne pas avoir de vocabulaire sexuel... On reste dans le respect.

En tant que mère, comment un tel programme a été accueilli par vos enfants?
Ils ont trois et six ans. Ils sont encore jeunes pour regarder ça à la télévision mais je n'ai aucun souci à parler des choses de la vie avec eux. La nudité en fait partie. Ce n'est pas un sujet dont on parle tous les jours mais on ne l'évite pas. C'est bien de s'attribuer son corps. Ce n'est pas un sujet tabou chez moi. Quand je suis partie sur le tournage, je suis partie sans leur mentir. Je leur ai dit: 'Maman part à Tahiti avec des gens tout nus'. Ça les a beaucoup fait rire mais cette émission envoie le message beaucoup plus simple: soyons libérés des artifices et des complexes, allons vers plus de simplicité dans notre société.