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Les dessins de jeunesse antisémites de Yann Moix

Mise à jourÉnième polémique pour l’écrivain Yann Moix, après celle autour de la sortie de son dernier livre “Ouvrages” dans lequel il se décrit en enfant battu. L’Express a publié lundi des dessins de jeunesse de l’ancien chroniqueur d’ONPC. Et ceux-ci sont ouvertement antisémites. 

Ces croquis datent de sa collaboration avec une revue négationniste baptisée “Ushoahiah, le magazine de l’extrême”. L’auteur de Podium, encore étudiant, avait alors 21 ans.

Ces dessins sont accompagnés de textes tout aussi antisémites, qui s’en prennent à André Glucksmann, Anne Sinclair ou Bernard-Henri Lévy. “Après les six millions de Juifs soi-disant morts dans les camps en carton-pâte que la Metro Goldwyn Mayer a fait construire pour le compte de quelques Juifs avides de pognon...”, lit-on notamment dans le 2e numéro.

Yann Moix reconnaît aujourd’hui la paternité de ces dessins. Si dans un premier temps, il niait tout de même être l’auteur des textes, il vient d’avouer au quotidien Libération en être également à l’origine. “J’assume, j’endosse tout. Tout ce que j’ai fait à l’époque avec trois ou quatre cons, on était des types complètement paumés. J’écrivais, je dessinais, je produisais de la merde. Ces textes et ces dessins sont antisémites, mais je ne suis pas antisémite” déclare-t-il 

“L’homme de cinquante ans que je suis est littéralement épouvanté de ce qu’il a pu produire, en l’espèce, à 21 ans”, se défend l’écrivain, interrogé par l’hebdomadaire français. “Je souhaitais simplement, par le choix de sujets tabous, comme la Shoah, les myopathes, l’abbé Pierre ou la faim dans le monde, choquer les gens qui me liraient. Je me fichais alors du sujet.”

“J’ai non seulement envie de vomir, mais de vomir le jeune homme de vingt ans que j’étais”

“Depuis quinze ans, je me passionne pour le sujet”, poursuit le lauréat du prix Renaudot 2013. “J’ai appris l’hébreu, étudié le Talmud. En repensant à ces pages vieilles de plus de trente ans qui sont exhumées aujourd’hui, j’ai non seulement envie de vomir, mais de vomir le jeune homme de vingt ans que j’étais”, assène-t-il. 

Selon lui, la sortie de ces dessins dans la presse n’est rien d’autre qu’une vengeance de son frère, qui l’accuse d’avoir été son tortionnaire. “Je savais que mon frère, qui me menace depuis des années avec ce ‘trésor de guerre’, comme il l’appelle, finirait par contacter des journalistes pour leur refiler ces pages. Avec ces dessins qui sortent aujourd’hui, il tire son ultime cartouche. Cet aveu d’échec est d’une grande tristesse.” 

Yann Moix précise enfin que Bernard Henri-Lévy, dont il est proche, connaissait l’existence de ces caricatures.