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Miss Belgique Angeline Flor Pua, alors 23 ans et pilote de ligne juste diplômée. Mais ce diplôme et son ancien titre ne lui ont pas encore permis de trouver du travail © Kevin Swijsen

Miss Belgique ne trouve pas de travail comme pilote

Une Miss aux commandes dans le cockpit, voilà qui pourrait faire une pub d’enfer pour une compagnie aérienne. Un ticket pour un job immédiat? Loin s’en faut. Angeline Flor Pua, élue Miss Belgique l’an dernier, espérait que son titre et ses bons résultats l’aident à décrocher un poste de pilote mais six mois après avoir rendu sa couronne et 100.000 euros de dettes plus tard, la jeune femme de 24 ans n’a toujours pas d’emploi. “Cela fait un moment que je passe des entretiens, mais avoir été Miss Belgique ne plaide pas en ma faveur”.

“Après mon règne en tant que Miss Belgique, une carrière passionnante de pilote m’attend”, déclarait Angeline Flor Pua en janvier 2018. Pleine d’espoir et d’avenir, la miss exemplaire avait même bénéficié d’un agenda aménagé par l’organisation Miss Belgique afin que son titre ne l’empêche pas de terminer sa -coûteuse- formation de pilote de ligne. La jeune femme avait achevé ses études avec brio. 

Constamment en train d’étudier

Et pourtant, il semble que l’écharpe, la couronne et la sympathie du public n’ont ouvert aucune porte à la Miss, du moins dans le secteur aérien. “Je suis toujours en pleine phase de candidatures. Et je révise ma théorie constamment, car chaque candidature implique un test. Mes connaissances doivent rester à jour”, explique-t-elle à Het Laatste Nieuws. 

Mais l’ancienne plus belle femme du royaume ne rejette pas la faute sur son expérience de miss: la pénurie de postes vacants dans le secteur est la véritable cause de son attente, selon elle. “Et puis, vous avez aussi les pilotes expérimentés qui ont étudié il y a des années mais qui se remettent à chercher un emploi. Les compagnies choisissent, et c’est logique, les meilleurs. Ne vous imaginez pas qu’avoir été Miss Belgique me donne une longueur d’avance”.

Un emprunt de 80.000 euros sur le dos

Une histoire ordinaire de secteur bouché, donc. Mais la formation de la jeune femme a également sérieusement grévé son budget: Angeline a dû débourser 100.000 euros pour la financer. Pour réunir cette somme, elle a investi dans un prêt de 80.000 euros et n’a cessé de travailler durant ses cinq ans d’études pour arrondir ses fins de mois. Ses parents, vu leurs revenus modestes, ont même revendu leur appartement pour l’aider. Un véritable investissement familial sur l’avenir, mais qui n’est pas encore rentable. “Je savais d’avance que cela serait difficile de trouver un job en tant que pilote, mais cela ne m’a jamais freinée. J’ai des amis pilotes qui ont mis un an à trouver leur emploi. Seulement un diplômé sur cinq travaille vraiment après ses études. Mais je ne laisserai jamais tomber mon rêve de piloter. Un jour, j’aimerais même travailler chez Emirates, mais pour cela je dois d’abord engranger pas mal d’heures de vol”.

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Angeline Flor Pua: “Je rêve toujours de devenir pilote chez Emirates” © Kevin Swijsen

En attendant, l’ex-Miss Belgique enchaîne les défilés et les séances photos pour vivre. “Rester à ne rien faire, ce n’est pas mon truc. En tant que Miss, mon agenda était complet. Fatigant, mais super. J’aimerais aussi participer à une émission de télévision. Et je reste ouverte à un emploi dans les médias”. 

“Je n’ai pas le temps d’être en couple”

La jeune femme a passé tout l’été entre les Philippines, où elle a rendu visite à sa famille, et le Cambodge, où elle a voyagé en compagnie de l'actuelle Miss Belgique, Elena Castro Suarez, et l’organisatrice du concours, Darline Devos, à des fins caritatives. “Ce temps pour moi est agréable aussi, pour une fois”, explique-t-elle. Quant à sa vie privée, Angeline l’a mise de côté: “Je n’ai pas le temps pour une relation, je mets toute mon énergie dans la recherche d’un emploi”.