Nicolas Canteloup s'explique sur son sketch "ignoble"

UpdateLe sketch de Nicolas Canteloup sur le génocide rwandais est au centre d'une polémique en France. Le Conseil représentatif des Associations Noires a demandé au CSA de réagir. L'humoriste, quant à lui, s'est expliqué ce vendredi matin dans sa "Revue de Presque" et a refusé de s'excuser.

Nicolas Canteloup a-t-il été trop loin? Lors d'un sketch sur les antennes d'Europe 1 mercredi, son intervention a suscité l'indignation. Lors de la séquence, l'imitateur se mettait dans la peau de Julien Courbet pour évoquer le génocide rwandais, au moment où s'ouvre le procès de Pascal Simbikangwa, accusé de complicité de crimes contre l'humanité.

Evoquant un conflit de voisinnage avec un certain M. Hutu, Canteloup lance les piques. "Vous avez découpé, macheté et carpaccioté sa famille, alors qu'apparemment il n'en avait pas exprimé le désir (...) Vous lui auriez également découpé les bras bien dégagés au dessus des coudes, il a d'ailleurs eu le plus grand mal à vous écrire, du coup, avec les conséquences désagréables qu'on imagine, perte d'une montre de famille, impossibilité désormais de faire du stop", comme le retranscrit Pure Médias.

Peut-on rire de tout?
Jugeant le sketch "ignoble", le CRAN, Conseil représentatif des Associations Noires, n'a pas du tout apprécié et dans un communiqué adressé au CSA, il a exigé que des mesures "énergiques" soient prises. "Quand il s'agit des Noirs, à l'évidence, on peut tout se permettre", lance Louis-Georges Tin, président du CRAN. "Mais il est temps que cela cesse. Ce soi-disant humour masque mal une forme extrême de mépris et d'abjection. Devant le crime contre l'humanité, esclavage, Shoah, Rwanda, on ne rit pas, on fait silence."

Hier soir, Le Grand Journal sur Canal Plus n'a pas manqué de revenir sur la polémique. Un débat à découvrir à partir de 12min50 sur la vidéo ci-dessous.

"L'humour est là pour panser les plaies, pas les réouvrir"
C'est en imitant Nikos Aliagas que l'humoriste s'est exprimé sur la polémique. "Un génocide n'est jamais drôle, bien sûr. Nous tentons juste de faire sourire avec une réalité justement parce qu'elle est tragique donc insupportable. Nous sommes fidèles à la devise de Beaumarchais: Je me presse de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer."

Il ajoute, avec un peu de provocation à l'encontre des associations: "C'était une précision inutile pour vous dans ce studio et nos fidèles auditeurs qui ont les codes de notre humour. Il est là pour panser les plaies, pas les réouvrir".

Pour lui, l'humour d'aujourd'hui souffre. "On fait une vanne, on doit s'excuser! Une vanne, une excuse!", ironise-t-il. "Dès que ça gueule, dès qu'un autoproclamé prof d'humour vous met un carton jaune, faut s'excuser! Avec Coluche et Desproges, il y en a deux-trois qui auraient bouffé leur carton jaune."