Yann Moix fait son mea culpa: “J’ai été une ordure”

Invité ce samedi dans “On n’est pas couché”, l’écrivain a présenté ses excuses pour les dessins antisémites réalisés dans sa jeunesse et publiés un peu plus tôt cette semaine par le magazine L’Express.

La rentrée littéraire de Yann Moix aura été marquée par les polémiques. Alors que sa famille lavait son linge sale en public suite à la parution de son livre “Orléans”, dans lequel il se décrit en enfant battu, des dessins antisémites réalisés par l’écrivain dans sa jeunesse ont également été publiés par L’Express. Invité ce samedi dans “On n’est pas couché”, le polémiste a tenu à s’excuser pour ce dernier fait. “Je me détesterais si je commençais par parler de mon livre”, a-t-il lancé d’emblée. “La première chose que je veux faire de manière inconditionnelle c’est de demander pardon, à toutes les personnes, quelles qu’elles soient”, dont “celles de la communauté juive” pour “les dessins choquants et les bandes dessinées obscènes et dégradantes de mon cru qu’elles ont pu voir”. 

“Le jeune homme qui a commis ces dessins il y a trente ans n’était pas un jeune homme à qui j’aurais serré la main aujourd'hui”, a-t-il poursuivi avant de demander pardon à son ami Bernard Henri-Levy. 

Yann Moix a expliqué qu'il avait réalisé ces dessins durant une période de sa vie où il était “dans une chute totale”. “Je n’étais plus rien par rapport à mes ambitions (...) Pendant 3-4 mois de ma vie j’ai pratiqué l’abjection (...) Le jeune homme que j’étais, je lui cracherais dessus aujourd’hui. Je n’avais pas les épaules assez larges pour me suicider physiquement alors je me suis suicidé moralement. J’ai un dégoût de moi-même, ce raté, cet être méprisé et méprisable. Je me vomissais”, a-t-il expliqué. “J’ai été une ordure mais j’ai aussi essayé pendant 20 ans de me battre pour la tolérance”. 

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© Capture d'écran France 2

“Je n’ai jamais battu mon frère”

Yann Moix a également profité de sa venue sur le plateau d’ONPC pour répondre à son frère Alexandre. Selon lui, ce dernier est également “une victime” de ses parents. “Il a assisté aux sévices, aux tortures. Je connais son mal-être”, a-t-il déclaré. “Mon frère est une victime, nous sommes deux victimes”. 

Il a également ajouté qu'il n’avait “jamais battu” son frère. “Je suis le seul à m’être fait battre”, a-t-il assuré. “Je pense qu’il s’est bâti un récit pour pouvoir survivre à ce qu’il a vu”. S’il “pardonne” à son frère et aimerait reprendre contact avec lui, il en veut toutefois toujours à ses parents: “Je pense que la place de mes parents est en prison”, a-t-il lancé.