Plein écran
© Televie

Comment expliquer le cancer aux enfants?

Les enfants ne sont touchés par le cancer que dans à peine 1% des cas. Pourtant, ils côtoient tous la maladie... sans tout à fait la comprendre. Avec la complicité de Maureen Dor et d'Alix Battard, les équipes du Télévie ont développé un kit pédagogique qui va permettre aux écoles, et aux enfants, de mieux comprendre le cancer.

Plein écran
Maureen Dor et Alix Battard © Televie

C'est la première fois, en Belgique francophone, que le cancer va pouvoir être "enseigné" dans les écoles par le biais d'une histoire, celle de Lucienne, dite Lulu. Une jeune héroïne (créée par Maureen Dor) qui, du haut de ses 10 ans, est atteinte du leucémie. "Et alors?", dit la petite fille.

"Les enfants atteints du cancer sont moins inquiets que les adultes"
D'un postulat de départ dramatique, Maureen Dor, auteure pour enfant, est parvenue à écrire un récit ludique, drôle et porteur d'espoir. "Parce qu'un enfant", nous dit-elle, "même lorsqu'il est malade, est dans la vie. "Les enfants sont moins inquiets que les adultes", ajoute Alix Battard qui, lorsqu'elle ne présente pas le JT, travaille, main dans la main, avec les chercheurs du FNRS pour le Télévie. "En tant qu'adulte, on se projette plus vite dans la tristesse. On se demande: mais que va-t-il se passer après?", poursuit la journaliste qui a côtoyé la maladie de près. Sa fille, Théodora, est en rémission d'un cancer du rein.

Si l'insouciance qui est propre à l'enfance les préserve de l'inquiétude liée à la maladie, ils n'ignorent pas pour autant la douleur. "Mais, ajoute Maureen Dor, ils peuvent trouver des "avantages" à ce qui leur arrive. Mes cheveux sont tombés? Je vais pouvoir porter de jolis foulards. Je n'ai plus la force de jouer avec les copains. Et si on faisait une course de chaises roulantes? On reçoit beaucoup de cadeaux, les médecins disent que vous êtes courageux, forts comme des lions. Et les parents, qui étaient peut-être trop occupés par le boulot, vous accordent toute leur attention."

"Je n'ai pas eu peur d'expliquer le cancer à ma fille"
En Belgique, 500 enfants sont chaque année touchés par le cancer mais ils côtoient tous, de près ou de loin, la maladie. Comment leur expliquer pourquoi Maman a perdu ses cheveux? Est-ce que le cancer, c'est contagieux? Grâce au Télévie, et en collaboration avec les chercheurs du FNRS, un kit pédagogique, destiné aux enfants de primaire et de maternelle, pourra désormais servir d'outil aux enseignants qui souhaitent pouvoir discuter de la maladie en classe. Il servira aussi aux médecins qui ne savent pas toujours comment expliquer le cancer à leurs patients et aux parents qui cherchent les mots justes pour apprendre à leurs enfants qu'ils sont malades. "J'ai dû expliquer à ma fille qu'elle était malade avec des mots simples", nous explique encore Alix Battard. "Je crois qu'il ne faut pas mentir aux enfants, qu'il ne faut rien leur cacher. Ils comprennent. Ils ne sont pas idiots et sont en demande d'explications scientifiques. C'est pourquoi nous avons aussi créé des fiches pédagogiques et des exercices en lien avec l'histoire de Lulu, et le cancer."

Susciter des vocations
Dans l'histoire de Lulu, Maureen Dor vulgarise d'ailleurs des termes liés au cancer comme l'oncologie, la chimiothérapie, la radiothérapie. Elle évoque aussi les symptômes du cancer afin que l'enfant puisse comprendre ce qu'est la maladie, comment on la vit, et comment on la soigne, en mettant un point d'attention sur le travail des chercheurs du FNRS. "Qui sait? On suscitera peut-être des vocations. On veut montrer aux enfants que la recherche scientifique belge est porteuse. On veut les sensibiliser à des valeurs comme la générosité, la solidarité, leur expliquer aussi le travail fourni par les bénévoles. Derrière la maladie, il y a aussi la recherche et le Télévie a fait d'énormes progrès depuis sa création." 

L'histoire "Lulu a un cancer, et alors?" disponible en version écrite et podcast, ainsi que 3 questionnaires de jeux et d'exercices, adaptés aux âges des enfants, sont téléchargeables sur le tout nouveau site du Télévie www.televie.be.

  1. Le coach du Spirou se retire pour s’occuper de son fils malade: “Qu’est-ce que le basket par rapport à un enfant atteint d’un cancer?”

    Le coach du Spirou se retire pour s’occuper de son fils: “Qu’est-ce que le basket par rapport à un enfant atteint d’un cancer?”

    Pascal Angillis, coach du Spirou Charleroi, a décidé de mettre sa carrière d’entraîneur entre parenthèses pour rester au chevet de son fils, touché par une tumeur à l’œil. Il prend un “congé ponctuel” de deux à trois mois pour “raisons personnelles”, a-t-il expliqué dans un communiqué publié lundi sur le site internet www.spiroubasket.be du club de l’Euromillions Basket League.
  2. Agathe Auproux, 28 ans, en rémission: “Aux gens malades, je dirais de ne surtout pas faire comme moi”
    Interview

    Agathe Auproux, 28 ans, en rémission: “Aux gens malades, je dirais de ne surtout pas faire comme moi”

    On n’est pas malade quand on a 27 ans. On a la vie devant soi, des projets plein la tête, on sort, on rit, on danse, on boit des coups… Le 23 septembre 2018, Agathe Auproux, chroniqueuse dans “Touche pas à mon poste !”, 736.000 abonnés sur Instagram, déjeune avec des copines lorsqu’elle découvre l’existence d’une boule juste au-dessus de la poitrine. “C’est chelou, non ?” Elle descend dans les toilettes du restaurant où elle se trouve pour s’examiner. À part cette boule étrange, rien à signaler. Si ce n’est peut-être qu’elle est fatiguée, qu’elle a moins d’appétit, qu’elle dort mal… Elle comprend tout de suite que “quelque chose ne va pas”. “La maladie est invisible, mais je la vois. Je ne peux pas la nommer, mais je sais qu’elle est là.” Agathe apprendra deux mois plus tard qu’elle souffre d’un lymphome de stade 2 sur 4. La jeune femme a fait six mois de chimiothérapie. Elle a longtemps dissimulé sa maladie au grand public, planquant sa chute de cheveux sous des barrettes et son cathéter avec des vêtements à col roulé. Elle est aujourd’hui en rémission et sort “Tout va bien”, un livre dans lequel elle partage avec franchise son combat contre la maladie. Elle était à Bruxelles ce vendredi, au lendemain de ses 28 ans. Confidences.
  3. Le recours aux drains en cas d’otites chroniques est-il trop systématique?

    Le recours aux drains en cas d’otites chroniques est-il trop systémati­que?

    La Mutualité chrétienne (MC) met en garde mercredi sur le taux élevé de poses de drains auriculaires chez les enfants souffrant d'otites à répétition, alors que "cette opération chirurgicale est souvent inutile et présente des risques liés à l'intervention sous anesthésie générale". Elle appelle dès lors le corps médical ainsi que les parents à réfléchir à deux fois avant de privilégier un tel traitement.