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L'acrylamide pourrait augmenter le risque de cancer

L'acrylamide, présent dans de nombreux aliments, pourrait contribuer à endommager l'ADN et ainsi augmenter le risque d'apparition de cancer, selon une étude publiée jeudi, qui ne permet toutefois pas d'affirmer le caractère cancérogène de cette substance.

Selon cette étude, menée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une substance issue de la dégradation de l'acrylamide dans l'organisme, la glycidamide, favorise l'apparition de mutations génétiques dans les cellules, les rendant ainsi plus susceptibles de devenir un jour des cellules cancéreuses.

L'acrylamide est un composé qui se forme naturellement dans les aliments riches en amidon lors de leur cuisson, en particulier quand ils sont frits ou cuits à haute température pendant une longue durée (frites, biscuits, pain grillé, etc.).

La fumée de tabac est également une source d'exposition à cette substance.

"Probablement cancérogène" 
Le CIRC, agence pour le cancer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a conclu au caractère cancérogène de l'acrylamide chez les rongeurs mais l'a classé comme seulement "probablement cancérogène" pour l'homme (groupe 2A), en l'absence de preuves suffisantes à ce jour.

L'étude, publiée dans la revue Genome Research, "établit désormais l'existence d'une trace caractéristique des changements dans le génome provoqués par la glycidamide", explique le CIRC.

Cela contribue à montrer qu'"un régime alimentaire très courant (...) peut produire des lésions très caractéristiques, contribuant ainsi potentiellement au développement du cancer", souligne le Dr Jiri Zavadil, spécialiste des mécanismes d'apparition des cancers et auteur principal de l'étude.

En 2015, des experts de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ont conclu que l'acrylamide dans les aliments "accroît potentiellement le risque de développement d'un cancer pour les consommateurs de tous les groupes d'âge".

Un règlement européen entré en application en avril 2018 demande aux fabricants de l'agro-alimentaire, aux chaînes de restauration rapide et aux restaurants de s'assurer que les niveaux d'acrylamide présents dans leurs produits restent inférieurs à certains seuils indicatifs.