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© Wannes Nimmegeers

La découverte sur le pollen qui pourrait sauver vos printemps

Le beau temps vous donne des envies de balades? Alors n'oubliez pas que le printemps signifie aussi résurgence des pollens, même à ses prémisses. Il est même vivement recommandé de porter dès à présent un masque de protection. Les chercheurs de l'université de Gand ont par ailleurs découvert que les grains de pollen ne provoquaient pas que de l'allergie et des crises d'asthme, mais augmentaient également le risque de rhume.

Le virologue Hans Nauwynck a toujours eu l'impression qu'il y avait un lien direct entre rhume et pollen. "Je ne suis pas allergique à proprement parler, mais s'il y a des bouleaux dans un bois, je le ressens directement au niveau du nez. J'ai donc demandé à la chercheuse Jolien Van Cleemput de creuser un peu. Elle a pour la première fois pu établir qu'un mammifère est nettement plus susceptible de contracter une infection à herpès lorsque ses muqueuses respiratoires ont été exposées aux pollens". 

Des petits trous dans les muqueuses
L'herpès est latent chez l'homme comme chez l'animal. "Si ce virus se multiplie dans les voies respiratoires, cela peut provoquer un rhume. Pourquoi seul un petit groupe de sujets tombe à chaque fois fort malade en cas d'infection, on n'en savait rien jusqu'ici. Maintenant, le rôle de la floraison des plantes est avéré", explique le professeur Nauwynck. "Les cellules des muqueuses respiratoires forment normalement une barrière contiguë qui empêche le virus de l'herpès de passer. Mais les pollens peuvent faire de petits trous dans les muqueuses car il disposent de protéases, qui "coupent" les protéines. Avec la germination, les protéases creusent une ouverture dans les pistils pour que les graines ou poussières de pollens pénètrent les gamètes femelles. C'est comme ça qu'il y a fécondation".

Et chez l'homme? C'est un peu la même chose: "Ces protéases détruisent ce qui relient les cellules des muqueuses entre elles, ce qui les rend plus fragiles aux infections. Vingt pour cent des rhumes des mammifères sont provoqués par les virus à herpès. En plus, le virus reste dans votre corps pour toujours. S'il est réactivé plus tard dans la vie, vous pouvez souffrir de boutons de fièvre. Si le virus se propage par les voies respiratoires dans le sang puis la peau, vous avez la varicelle". 

Un nouvel ingrédient dans les sprays nasaux?
Les pollens auraient donc un impact flagrant sur les infections à herpès, mais moindre sur la contamination par le virus de la grippe. "Les récepteurs de la grippe se situent plus haut dans les muqueuses, tandis que ceux de l'herpès se situent dans les voies respiratoires inférieures". 

Si vous ne voulez pas rentrer d'une promenade au bois avec un rhume, ou vos enfants, soyez donc prudents. "Le risque est très personnel. Ma femme n'a par exemple jamais d'ennuis. Mais ceux qui comme moi ressentent des picotements nasaux dès le début de la saison pollinique feraient mieux de systématiquement revêtir un masque avant de partir à pied ou d'enfourcher leur vélo. Si vous êtes sensible aux pollens d'arbres, faites-le dès maintenant jusque fin avril. Et pas qu'en forêt: les noisettiers répandent suffisamment de pollens. Pour ceux qui ont des problèmes avec les graminées, le risque est accru de fin mai et parfois jusqu'à la fin de l'été. La solution ne se trouve pas à la pharmacie. On verra si, à l'avenir, on ne peut pas ajouter des bloqueurs de protéases dans les sprays nasaux des patients atteints de rhume des foins".