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La qualité de l'air dans les avions jugée catastrophique par les experts

Des chercheurs belges se sont penchés sur les émanations de vapeurs toxiques retrouvées dans les cabines des avions. Les résultats sont alarmants. Ils indiquent la possibilité de lésions cérébrales permanentes chez les pilotes et le personnel de cabine.

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Le docteur Dumalin présente les résultats de ses recherches © Florian Van Eenoo photonews

L'impact néfaste des transports aériens sur notre environnement est connu. Pour la première fois, un chercheur belge, le neuropsychologue Daniel Dumalin, s'est intéressé à ce qu'il se passait en cabine. Il est établi que l'air toxique des moteurs pénètre dans la cabine et dans le cockpit, à travers la climatisation. S'il n'a bien souvent pas d'odeur, il peut parfois s'accompagner de fumées caractéristiques. 

Le secteur ne reconnaît pas le phénomène
Partout dans le monde, il existe aujourd'hui de multiples témoignages, où sont évoqués des histoires de pilotes ou de membres de l'équipage, qui se sont évanouis, à la suite d'un dégagement de fumée. Certains ont montré des symptômes persistants, comme des puissants maux de têtes, des tremblements ou des pertes de sensibilité à certains endroits du corps.

En 2017, le syndicat ACV et le syndicat pilote BECA ont lancé une campagne de sensibilisation auprès du personnel. En février 2018, une enquête a été ouverte, suite à une demande de la ministre de la Santé, Maggie De Block.

Les experts ont désigné ce phénomène comme le syndrome aérotoxique. Ce phénomène se produirait après un dégagement de fumée, mais également lors d'une exposition régulière à de faibles doses de substance toxique dans l'air. Les voyageurs réguliers sont donc tout autant visés que les personnels de cabine. Cependant, aucune compagnie aérienne ne reconnaît qu'il s'agit là d'une maladie professionnelle. Les employés touchés ne demandent donc pas d'indemnisation mais sont forcés de démissionner, pour préserver leur santé.

"Je veux me battre pour tous ces gens"
Le neuropsychologue Daniel Dumalin veut se battre pour les victimes et compare la situation à celle de l'amiante et du tabac dans les années 1960 et 1970. Là aussi, les risques avaient été minimisés, se souvient l'expert. "Ce n'est que quand les preuves scientifiques sont devenues alarmantes que les choses ont commencé à bouger". 

Auparavant, les médecins se limitaient à des analyses de sang ou à des autopsies. Le chercheur ostendais va plus loin en observant le cerveau des personnes touchées et les premiers résultats l'inquiètent déjà. Il a constaté des lésions dans les zones qui contrôlent les processus cognitifs. "Cela provoque, dit-il, des problèmes de concentration, des problèmes de mémoire ou une hypersensibilité aux stimuli. Et les séquelles sont permanentes".

Le neuropsychologue pense qu'il est crucial que la science prenne le syndrome d'aérotoxique au sérieux. Pour plus d'informations, ou si vous souhaitez participer à l'étude, envoyez un mail à l'adresse: aerotoxbrain@proximus.be.