Les bancs solaires bientôt interdits?

VideoLe Conseil Supérieur de la Santé (CSS) plaide pour la suppression pure et simple des bancs solaires, annonce-t-il dans un avis publié lundi. Selon le CSS, il n'existe pas de niveau seuil pour l'apparition de cancer cutané et donc pas de limite sûre à recommander pour l'exposition aux UV.

En comparaison avec d'autres pays européens, le banc solaire est très largement utilisé en Belgique, estime le CSS. Ainsi, en 2015, 14% de la population belge y a eu recours, bien que 94% sait que son utilisation a des effets cancérogènes. Certaines idées fausses circulent toujours, ajoute le CSS.

Ainsi, 40% des Belges croient à tort que le banc solaire aide à préparer la peau et à prévenir les coups de soleil. Face à ces constats, le CSS plaide pour la suppression pure et simple des bancs solaires. En tant qu'organe d'avis, il renvoie la balle au monde politique pour une décision en ce sens. Selon le Conseil, il n'existe pas de niveau seuil pour l'apparition de cancer cutané et donc pas de limite sûre à recommander pour l'exposition aux UV. L'utilisation du banc solaire n'est pas non plus la meilleure manière de produire de la vitamine D.

Résultats dramatiques
Enfin, la présence de bancs solaires accessibles en permanence incite à une utilisation répétée et excessive. Depuis avril dernier, les centres de banc solaire sont déjà tenus de placer des avertissements en matière de santé à leur entrée ainsi que dans chaque cabine, à la suite d'une décision du ministre des Consommateurs, Kris Peeters. Celle-ci est toutefois jugée insuffisante par les experts du CSS.

Les derniers contrôles dans le secteur ont livré des résultats dramatiques. Sur les 199 centres inspectés l'an passé, seuls 12 étaient tout à fait en ordre.

Interdiction au Brésil et en Australie
Selon le CSS, une campagne de prévention du cancer de la peau couplée à une interdiction totale des bancs solaires permettrait de prévenir quelque 6.000 décès sur une période de 50 ans. Les coûts pour les soins de santé pourraient également diminuer de 227,7 millions d'euros grâce à une campagne de sensibilisation et de 238 millions d'euros à la suite d'une interdiction total des bancs solaires.

Actuellement, le Brésil et l'Australie sont les seuls pays au monde où les bancs solaires sont interdits, selon le CSS.

Une prise de position "réjouissante"
"La Fondation contre le Cancer se réjouit de la prise de position du Conseil supérieur de la Santé (CSS) (en faveur de) l'interdiction des bancs solaires", indique-t-elle lundi dans un communiqué, ajoutant plaider pour cette interdiction depuis 2012. Elle en appelle "aux responsables politiques pour la mise en place rapide d'un plan visant à supprimer progressivement les bancs solaires."

La Fondation contre le Cancer demande une interdiction suivie d'une suppression progressive. "C'est ce processus qui a été mis en place en 2015 en Australie", indique-t-elle.

Selon la Fondation, "de nombreux grands organismes de santé publique considèrent la nature cancérigène des bancs solaire comme un fait avéré. Ils sont d'accord sur de nombreux points, notamment le fait qu'utiliser des bancs solaires avant 35 ans augmente le risque de cancer de la peau de 75%, et que ce risque augmente à chaque usage. Un seul usage entraîne déjà un risque de mélanome accru de 20%."

Pourtant, "le public continue à sous-estimer les risques liés à cette pratique, ou ne les connait simplement pas", déplore la Fondation, se basant sur une enquête qu'elle a menée en 2015. "Un usage modéré ne serait pas nocif. C'est faux. Aucun seuil de sûreté n'existe quant à l'usage des bancs solaires. Chaque séance augmente le risque de cancer de la peau", martèle-t-elle.