Les médecins partent en guerre contre Docteur Google

Video"Ne jouez plus au docteur et fiez-vous à une source crédible", supplient les médecins et le gouvernement belges qui ont décidé de partir en guerre contre le tout-puissant "Docteur Google". De plus en plus de gens cèdent en effet désormais à la tentation de vérifier sur internet quelle pourrait être la cause (forcément grave) de l'un ou l'autre symptôme. Pire, ils peuvent décider de suivre de très mauvais conseils.

Google, ou comment le dernier de la classe en biologie se transforme un jour en médecin capable de s'auto-diagnostiquer un cancer des ganglions lymphatiques après avoir tapé "cause-cheveux ternes-rhume" comme mot-clé dans le moteur de recherche. Vous souriez peut-être, mais sachez que 75% des patients recherchent sur Google, avec la boule au ventre typique de la salle d'attente du docteur, l'origine de leurs petits (ou grands) maux.

La fièvre de l'auto-diagnostic et de la médecine de comptoir
Qui n'a en effet jamais cédé à la tentation de lire sur les forums de "santé" le témoignage déchirant d'une mère dont l'enfant a eu des complications dramatiques suite au vaccin contre la rougeole? Qui n'a jamais tapé "cause douleur intercostale" pour se retrouver ensuite terrifié après quinze minutes de lecture sur la question? Qui ne s'est jamais crue enceinte après un test de grossesse négatif mais lecture du récit d'une femme dont trois tests n'avaient pas détecté la conception? Soyons honnêtes, quasi personne ayant accès à internet n'y échappe, exactement de la même façon qu'on se sent toujours affecté par l'un des effets secondaires d'un médicament après lecture de la notice.

Mot-clé: hypocondriaque
Bercés par le flot d'informations contradictoires, on persiste et on cherche encore, toujours jusqu'à trouver le diagnostic le plus grave ou le plus insolite, souvent le fruit d'un mélange de croyances populaires et de légendes urbaines. C'est humain, entre notre tendance hypocondriaque et la pression médiatique qui met en avant des cas orphelins de maladies mal diagnostiquées ou mal soignées par la médecine traditionnelle, on finit par avoir du mal à s'en remettre au jugement d'un seul homme, pourtant seul habilité à identifier une pathologie: le médecin diplômé et agréé.

De faux conseils pour de vrais risques
Ces derniers partent donc en guerre contre la dictature de "Docteur Google". Non parce qu'il fasse de l'ombre à leurs affaires, mais parce que les risques sont réels. Au mieux, vous vous croirez à tort atteint d'une tumeur au cerveau alors que vous souffrez d'une banale migraine dont vous vous rendrez compte, après trois jours d'inquiétude, qu'elle ne vous a finalement pas tué. Vous vous ferez du souci pour rien et vous verrez des signes d'AVC à chaque distraction d'un ami. Au pire, vous serez influencé par une âme persuasive qui vous dissuadera de faire vacciner votre enfant lequel contractera ladite maladie avec de graves conséquences. Ou vous vous laisserez convaincre par un charlatan caché derrière un profil d'internaute attestant que les fleurs de Bach sont plus efficaces contre le cancer que les rayons prescrits par votre médecin. Dans tous les cas, vous trouverez tout et son contraire pour les mêmes symptômes ou pathologies.

Ras-le-bol
Submergés par les auto-diagnostics de leurs patients, lorsqu'ils finissent par les consulter, ou apitoyés par les "j'avais lu que cela pouvait être une maladie génétique grave" quand ce n'est pas par les "on dit sur internet que ce traitement n'est pas indiqué en cas d'hypertension", les médecins s'organisent pour réagir. Comprenant qu'ils ne peuvent rien contre les infos santé qui circulent sur les forums, ils ont décidé, notamment en Flandre, d'user les mêmes armes: des annonces Google sur ces sites pour conseiller... de consulter un généraliste.

Droit à des informations médicales "pures"
Parallèlement, un site a été créé afin de fournir des informations médicales uniquement scientifiquement avérées et reconnues et non le fruit de l'une ou l'autre étude isolée. Intérêt des vitamines, risque d'obésité, efficacité des laxatifs, danger du déordorant, risque des régimes rapides, etc. Mais aussi symptômes qui doivent alerter le patient... et, inlassablement, le même conseil: la nécessité de consulter un professionnel, spécialiste ou non. "Jouer au docteur via internet est tout sauf un progrès", regrette la coordinatrice de la plate-forme Gezondheid en Wetenschap qui met en garde contre la perte de temps et d'argent. "De la même façon que les hommes ont droit à l'eau potable, ils ont droit à des informations purement médicales", résume le site.

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