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Illustration. © Getty Images/iStockphoto

Les scientifiques découvrent une façon plus rapide de perdre du poids

Le mécanisme dans notre cerveau qui nous permet de maintenir notre température corporelle peut aussi nous aider à perdre du poids plus rapidement. C’est du moins ce qu’a démontré une nouvelle étude réalisée sur des souris et menée par des scientifiques de l’institut de recherche Scripps Research.

“Jusqu’à 50 % des calories que nous consommons chaque jour sont converties en énergie pour réguler notre température corporelle”, explique le professeur Bruno Conti, qui a dirigé l’étude. “Mais lorsque la nourriture se fait rare, les mammifères s’adaptent en abaissant leur température corporelle, ce qui réduit leur consommation d’énergie et limite ainsi leur perte de poids”.

Certaines espèces hibernent même pour maintenir leur consommation d’énergie aussi bas que possible lorsqu’il y a peu de nourriture à trouver. Évidemment, les humains n’hibernent pas lorsqu’ils suivent un régime pauvre en calories, mais ils ont naturellement une température corporelle plus basse tout comme les autres mammifères. Et cela rend la perte de poids plus difficile. “C’est une sorte de mécanisme de survie”, explique Conti. “Le corps se dit: ‘Économisons l’énergie aujourd’hui et nous trouverons peut-être de la nourriture demain’”.

Bloquer les récepteurs

Les récepteurs opiacés kappa jouent un rôle important dans la régulation de la température corporelle. L’équipe de Conti s’est donc demandé si les gens perdraient plus facilement du poids si les récepteurs en question étaient bloqués. 

Pour savoir si leur théorie tenait la route, les scientifiques ont observé pendant six semaines deux groupes de souris nourries exclusivement avec des aliments hypocaloriques. Un groupe avait reçu un médicament pour bloquer les récepteurs spécifiques, l’autre pas. Le groupe témoin, qui n’avait pas reçu le médicament, s’est rapidement adapté au nouveau régime alimentaire, et a perdu peu de poids. Par contre, le groupe expérimental a non seulement montré une consommation d’énergie plus élevée, mais a également augmenté sa perte de poids de 6%. “Lorsque nous avons bloqué le récepteur, leur température corporelle n’a pas chuté et ils ont perdu plus de poids”. 

Attention toutefois: lorsque les souris pouvaient manger des aliments normaux à volonté, le médicament n’avait aucun effet sur la régulation de leur température corporelle, et donc sur leur perte de poids. 

À l’avenir, Conti et son équipe souhaitent donc mettre au point un médicament qui aurait le même effet sur l’homme.