Plein écran
© Getty Images

Quand et comment arrêter la tétine? Toutes nos astuces

Les conseils d’une dentistes pédiatrique dans cet article.

L’arrêt de la succion ne concerne pas que la tétine! De nombreux enfants sucent leur pouce ou un autre doigt, mais certains quémandent aussi le biberon dès qu’ils veulent boire. On initie généralement l’arrêt de tous ces moyens de succion vers l’âge de 2 ans. Les pédiatres et les dentistes souhaitent que le passage de la déglutition infantile à la déglutition mature se fasse correctement. Pour faciliter ce passage, qui a lieu entre 3 et 4 ans, il faut que toute la succion soit arrêtée avant 3 ans. Une déglutition mature correcte permet un bon développement de la bouche, une bonne phonation (production des sons) et une respiration optimale. Arrêter la tétine, le pouce ou le biberon n’est donc pas juste bénéfique pour le placement correct des dents. De nombreuses choses en découlent.

Comment s’y prendre?

L’arrêt de la succion n’est pas chose évidente pour les enfants… et pour leurs parents. L’initiation de cet arrêt doit donc commencer à 2 ans afin d’être sûr que l’enfant ait abandonné la tétine, le pouce ou le biberon pour ses 3 ans. De nombreux dentistes vous le diront: dès qu’un enfant de 2 ans arrive en consultation, le conseil d’arrêter la tétine “arrive vite sur le tapis”. Le processus idéal? Tout dépend du caractère de l’enfant et de l’éducation des parents. Certains parents veulent que ce soit l’enfant qui se défasse de lui-même sa tétine (en l’envoyant au monde des “tututes” ou en la donnant à St Nicolas par exemple) mais bien souvent, l’enfant a beaucoup de mal de s’en débarrasser aussi facilement. Les “rechutes tututes” ne font alors que commencer. Si les parents sentent l’enfant prêt, qu’il a la maturité de laisser la tétine sans objet de transition, c’est jouable. Par contre, si ce n’est pas possible et que l’enfant a besoin d’un objet de succion, le Machouyou est un dispositif de plus en plus conseillé. Ce petit appareil en silicone médical se substitue au pouce ou à la tétine et permet de stopper les succions.

Machouyou: mode d’emploi

Beaucoup de parents pensent acheter la solution miracle pour leur enfant. Ce dispositif fonctionne très bien, mais nécessite néanmoins une période de transition qui va durer entre 3 et 10 jours. Ce temps d’adaptation peut être compliqué pour l’enfant. En pleine opposition entre l’âge de 2 et 3 ans, certains enfants pourront peut-être rejeter leur Machouyou, faire une grosse crise,… Les échecs sont nombreux à ce moment-là, car les parents craquent légitimement et finissent par aller acheter une tétine. Ce moment est difficile, mais la persévérance est la clé de la réussite. L’idée ici est évidemment de rendre cette période de transition plus simple. Il est donc vivement conseillé d’introduire l’arrêt de la succion (ou le Machouyou) dans une période de calme pour l’enfant (vacances par exemple). Il ne faut pas oublier que la tétine ou le pouce sont des moyens utilisés par l’enfant pour se rassurer, pour trouver le sommeil. Choisir un début d’année scolaire, une période de stress à la maison ou l’arrivée d’une petite sœur ou d’un petit frère pour commencer l’arrêt n’est donc pas une bonne idée.

D’autres idées originales pour faciliter l’arrêt…

Certaines classes de maternelle proposent aux parents “des cérémonies d’adieu des tututes”. L’esprit de groupe et la collectivité fonctionnent à merveille pour ce genre de démarche. Tous les enfants sont invités à apporter, en classe, leur tétine et l’enseignante, lors d’une petite cérémonie, demande aux enfants de placer leur tétine dans un bac au centre de la pièce qui sera ensuite envoyé au monde des tututes.

Certains parents profitent de l’arrivée imminente de Saint-Nicolas pour placer, avec l’accord de l’enfant, les tétines au pied de la cheminée.

L’arrêt de la succion du pouce est plus compliqué. On ne peut pas l’enlever comme la tétine. Le doigt est toujours à proximité de l’enfant. Dans les pays nordiques, les dentistes proposent aux parents d’entourer les pouces de l’enfant avec du tape (sparadrap très collant) afin de rendre la succion gênante ou désagréable.

Des vernis amers, disponibles en pharmacie, existent aussi pour déshabituer l’enfant à sucer son pouce. Malheureusement, certains bambins s’habituent à leur goût et, après quelques jours, retombent dans le cercle infernal de la succion du doigt.

Un autre moyen utilisé surtout pour les grands enfants (5-6 ans) qui n’ont pas encore arrêté la succion, ce sont les tableaux de renforcement positif. L’enfant va indiquer sur un calendrier des petits soleils ou un autocollant avec un bonhomme qui sourit s’il n’a pas sucé son pouce ou au contraire des petits nuages ou un bonhomme qui pleure s’il a craqué.

Les consultations orthodontiques sont très importantes. Plus on consulte tôt, mieux c’est. Certains enfants, par une simple discussion avec l’orthodontiste ou le dentiste pédiatrique, vont arrêter par eux-mêmes tous processus de succion.

Et le biberon dans tout ça?

Le focus “arrêt de la succion” est souvent placé sur la tétine ou le pouce… mais certains parents en oublient le biberon. C’est aussi un élément de succion. Il doit être arrêté vers 2 ans. Le lait ou l’eau doivent être pris par l’enfant dans un verre ou dans un contenant à paille. Ce genre de contenant est régulièrement conseillé par les dentistes pédiatriques, car, bien souvent, au verre l’enfant ne prend pas autant de liquide qu’au biberon. La paille est un super objet de transition pour la boisson.

En conclusion

Peu importe le moyen utilisé, l’idéal est que tous les processus de succion soient arrêtés avant l’âge de 3 ans. La bonne astuce est celle qui fonctionnera pour votre enfant.

Merci à la dentiste pédiatrique V.P. pour ces précieux conseils de spécialiste dans la réalisation de cet article.

  1. De nombreux Belges ont recours à l'automédication pour raisons financières

    De nombreux Belges ont recours à l'automédi­ca­ti­on pour raisons financiè­res

    Plus de deux tiers des Belges francophones ont eu recours en 2019 à l'automédication, pour un rhume ou un état grippal par exemple, un résultat en augmentation de six points par rapport à 2014, ressort-il d'une étude de Solidaris, qui lit derrière ce résultat un renoncement aux soins pour raisons financières. Trois quarts (75,8%) des familles mono-parentales ont en effet recours à l'auto-médication.