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Eliane Tillieux: “Nous proposons une véritable dépénalisation de l'IVG. Si ce texte est voté, ce sera une avancée majeure pour les droits des femmes” © BELGA

“Avorter à cause du sexe du bébé”: des propos “caricaturaux et inacceptables sur les femmes”

La commission de la Justice a procédé mercredi à la discussion générale des propositions de loi sur la dépénalisation de l'avortement. Elle reprendra mercredi prochain ses travaux, au finish espèrent les auteurs des textes. La demande d'auditions émise par les opposants a été rejetée.

Huit partis -les socialistes, libéraux, écologistes ainsi que DéFI et le PTB- se sont accordés sur des amendements qui font passer à 18 semaines le délai dans lequel une interruption volontaire de grossesse peut être pratiquée, réduisent à 48 heures le délai de réflexion et dépénalisent complètement l'avortement aussi bien pour les femmes que les médecins. "Nous proposons une véritable dépénalisation de l'IVG. Si ce texte est voté, ce sera une avancée majeure pour les droits des femmes", a expliqué Eliane Tillieux (PS).

Avortement dans les pays limitrophes

Le nouveau dispositif vise à adapter à la situation d'aujourd'hui une législation qui remonte pour ses conditions principales à 1990, même si des changements sont intervenus en 2018. Les auteures veulent notamment répondre au problème des 500 à 1000 femmes qui chaque année se rendent dans un pays voisin pour avorter.
Les opposants à tout ou partie des textes -le cdH, le CD&V, la N-VA et le Vlaams Belang- ont mis en garde contre un débat bâclé. 

"Je ne suis pas contre l'avortement mais devant un tel élargissement, il faut examiner toutes les conséquences: pour les femmes, pour leur entourage et pour le foetus", a souligné Valérie Van Peel (N-VA). Aux yeux des opposants, il n'y pas d'évaluation sérieuse qui justifie un allongement à 18 semaines. Certaines députées redoutent qu'un tel délai puisse mener à des avortements parce que le sexe de l'enfant à venir n'est pas celui qui est souhaité. 

Une affirmation qui a fait bondir les auteures: "J'entends ici des propos inacceptables, caricaturaux, infantilisants, dépeignant les femmes comme des déprimées ou des êtres qui ne sauraient pas ce qu'elles font...", s'est indignée Sophie Rohonyi (DéFI). 

Majorité

Les détracteurs du texte ont réclamé des auditions, notamment pour faire la clarté sur le choix de 18 semaines. Leur demande a été rejetée. Les auteures ont rappelé que de larges auditions avaient déjà été menées sous la législature précédente et que leurs propositions en étaient issues. Une grande partie des personnes entendues avait d'ailleurs plaidé pour un allongement du délai. 

Les débats reprendront mercredi prochain dans l'après-midi. Un premier vote positif devrait avoir lieu car les huit partis réunissent une majorité à la Chambre (mais pas dans le groupe linguistique flamand). Il est toutefois vraisemblable qu'une deuxième lecture sera demandée.