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Photo d'illustration. © Photo News

De plus en plus de patients ont encore des symptômes du Covid-19 après six semaines: “C'est surprenant”

Depuis quelques semaines, le monde scientifique tente de comprendre une chose étonnante. De plus en plus de patients qui ont contracté le Covid-19 gardent des symptômes jusqu’à six semaines plus tard. Le Parisien a tenté d’en savoir plus sur cette question en interrogeant des experts. 

Benjamin Davido est infectiologue, référent sur la crise Covid à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, dans les Hauts-de-Seine. Depuis plusieurs jours, son téléphone n’arrête pas de sonner, rapporte le quotidien français. Des médecins généralistes appellent en signalant “des patients Covid à J45”. Pour le professeur, des patients qui ressentent toujours des symptômes du Covid-19 après 45 jours, c’est “surprenant”. 

Le profil de ces personnes est souvent le même: une femme, la quarantaine, souffrant d’immense fatigue, de douleurs musculaires, quatre à six semaines après le début des symptômes.

“En général, il y a un répit, ce qu’on appelle une lune de miel entre le 15e jour, date de fin de la maladie et le 30e jour, puis ça repart. Comme une bobine de fil à l’envers, les signes réapparaissent un à un, témoigne le professeur. Cette situation, c’est du jamais-vu! C’est pour cela que ces patients, environ 5 % des cas de Covid, ne sont pas toujours pris au sérieux”, précise-t-il au Parisien.

Une étude lancée

“En général, c’est l’inflammation induite par le virus et non le virus lui-même qui est à l’origine de la réapparition des symptômes. On ne sait pas exactement pourquoi. On pense que cela arrive chez des gens qui n’ont pas développé d’anticorps, peut-être parce qu’ils sont immunodéprimés”, ajoute Yazdan Yazdanpanah, patron de l’infectiologie de l’hôpital Bichat, à Paris. C’est ce qu'on appelle le syndrome “post-infectieux”.

Une étude de six mois va être lancée au CHU de Grenoble sur les séquelles que laisse le coronavirus. “Les gens se plaignent de quelque chose, donc il y a quelque chose, il faut investiguer. Peut-être qu’il s’agit de dégâts provoqués par le coronavirus sur certains organes”, explique le Jean-Paul Stahl, professeur de maladies infectieuses et tropicales au CHU de Grenoble.

Pour Benjamin Davido, les signes bénins au début de la maladie n’auraient pas été suffisants pour développer une immunité: “Il est possible que lorsque les gens ont repris leur vie, après le confinement, ils aient été à nouveau confrontés au virus qui circule toujours, conséquence le système immunitaire s’active et les symptômes reviennent.”