Des chercheurs de l’unversité américaine de Purdue, dans l’Indiana, ont réalisé une animation montrant comment un seul passager malade peut en contaminer plusieurs autres autour de lui en toussant. On peut voir comment les fameuses gouttelettes se propagent dans la cabine d’un Boeing 767.
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Des chercheurs de l’unversité américaine de Purdue, dans l’Indiana, ont réalisé une animation montrant comment un seul passager malade peut en contaminer plusieurs autres autour de lui en toussant. On peut voir comment les fameuses gouttelettes se propagent dans la cabine d’un Boeing 767. © Purdue University School of Mechanical Engineering

L’avion, terrain de jeu des virus

Le secteur aérien, comme bien d’autres, est presque totalement paralysé par la pandémie de coronavirus. Et il devrait le rester encore un bout temps, compte tenu de l’anxiété de la population à reprendre l’avion tant que le virus circule encore sur la planète. Une crainte loin d’être infondée. Une université américaine a réalisé une animation montrant à quel point un virus se propage rapidement et facilement dans la cabine d’un avion. Le problème n'est évidemment pas nouveau, mais lutter contre les virus n’a jamais été une priorité pour le secteur aérien. Jusqu’à aujourd’hui.

Les épidémiologistes ont démontré à quelle vitesse les virus peuvent se propager d’une personne à une autre dans un avion. Pourtant, durant toutes ces années, l’industrie aéronautique n’a guère pris de mesures pour résoudre le problème. Les cabines des avions représentent donc toujours une menace pour la propagation des maladies infectieuses, selon les experts. La circulation de l’air dans un avion et le contact étroit avec les autres passagers jouent un rôle majeur à cet égard.

Pour illustrer cela, revenons au 15 mars 2003. Ce jour-là, un Boeing 737 a décollé de l’aéroport de Hong Kong pour un vol de trois heures à destination de Pékin. Le siège 14E était occupé par un homme de 72 ans, qui semblait fébrile. Sur les 120 passagers à bord, 22 ont été ensuite déclarés positifs au SRAS, selon une reconstitution publiée cette année-là dans le New England Journal of Medicine. Selon les chercheurs, l’explication “la plus plausible” était qu’ils avaient été infectés dans l’avion par l’homme assis sur le siège 14E. Ce dernier est mort quelques jours plus tard d’une pneumonie atypique, qui s’est révélée être le SRAS.

Les chercheurs ont constaté que le risque pour ceux qui s'assoient jusqu’à trois rangées devant ou derrière le malade ou dans la même rangée était beaucoup plus élevé que pour ceux qui sont installés ailleurs dans l’avion. Cependant, deux personnes assises jusqu’à sept rangées devant lui ont également été infectées, ainsi que deux hôtesses de l’air. Cinq passagers sont morts plus tard de cette maladie qui a officiellement tué 774 personnes dans le monde entre 2002 et 2004.

Dix-sept ans plus tard, cet événement refait surface alors que le monde est confronté une pandémie autrement plus dangereuse que ne le fut l’épidémie de SRAS. Des chercheurs de l’unversité américaine de Purdue, dans l’Indiana, ont réalisé une animation montrant comment un seul passager malade peut en contaminer plusieurs autres autour de lui en toussant. On peut voir comment les fameuses gouttelettes se propagent dans la cabine d’un Boeing 767.

Selon  l’agence américaine chargée des réglementations et des contrôles concernant l’aviation civile (FAA), le trafic aérien a chuté de 95 % par rapport à son niveau normal. Maintenant que les États assouplissent lentement les mesures de confinement, les gens oseront-ils remonter dans un avion? Rien n'est moins sûr. Il est donc crucial pour l’industrie aéronautique de trouver des solutions.

En ce qui concerne les toilettes, Boeing avait annoncé il y a quelques années avoir développé un système auto-nettoyant équipé de rayons ultraviolets tuant plus de 99 % des bactéries. Cette technologie auto-nettoyante combinée avec des options automatisées avait été pensée afin d’améliorer l’expérience des passagers sur les vols commerciaux. Les rayons ultraviolets sont en effet réputés bactéricides. De son côté, Airbus a étudié comment la circulation de l’air peut être ajustée pour prévenir la contagion d’un virus.

“Si vous vendez aisément vos avions, vous remettez la résolution de ce genre de problèmes à plus tard”, explique au Washington Post Qingyan Chen, professeur à l’université de Purdue, qui a travaillé sur un important projet de recherche sur la transmission des maladies à bord des avions. Néanmoins, pour le secteur aérien, l’avenir, c'est désormais aujourd’hui, fait-il remarquer. Il n'est donc plus question de procrastiner. “Pour être honnête, les avions ne sont pas conçus pour empêcher la transmission de maladies”, admet-il avec fatalité.

Des pistes sont à l’étude, notamment des lampes à rayons ultraviolets qui détruisent les virus sans être nocives pour l’homme sont testées par des scientifiques de l’université de Columbia. Ils affirment que le rayonnement UV est efficace dans les cabines d’avion, les aéroports, les hôpitaux et les écoles.

“Au moment où nous parlons, 100 souris glabres sont exposées pendant 15 mois”, a expliqué au Post David J. Brenner, directeur du Centre de recherche radiologique de Columbia. Les souris vivent apparemment sous la lumière UV pendant huit heures par jour et subissent des tests oculaires et cutanés toutes les deux semaines, et après huit mois, les chercheurs n’ont constaté aucun dommage, “ce qui est encourageant”, a-t-il déclaré.

“Ces lampes auraient pu contribuer à empêcher la propagation de Covid-19", explique M. Brenner. “Mais cette pandémie arrive juste un peu trop tôt. S’il était arrivé à la même époque l’année prochaine, nous aurions peut-être été prêts à combattre le virus.”

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