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La création de réseaux hospitaliers, des coûts cachés pour les patients?

Solidaris craint que la constitution des réseaux hospitaliers n'augmentent les frais de transport en ambulance d'un hôpital à l'autre, a annoncé la mutualité dans un communiqué vendredi. Cette dernière pointe que les frais de transport ont déjà sensiblement augmenté ces dernières années.

La Belgique doit être composée de 25 réseaux hospitaliers depuis le 1er janvier 2020. Dans les faits, seuls les hôpitaux wallons sont organisés comme tel, la Flandre et la Région bruxelloise ont, quant à elles, dépassé l'échéance fixée par le fédéral. Cette création de réseaux a pour objectif d'optimiser l'offre de soins en centralisant les soins spécialisés sur certains sites.

Mais pour Solidaris, cela "risque de générer une augmentation des coûts découlant notamment des transferts plus fréquents des patients entre les hôpitaux du réseau", explique la mutualité qui reconnaît néanmoins que "la centralisation des services spécialisés devrait permettre des économies d'échelles et offrir une meilleure qualité des soins au patient".

La mutualité a réalisé une étude sur la base de ses données de 2018 pour mettre en évidence que ce type de frais peut se révéler imprévisible et entraîner un surcoût important pour le patient. "Les factures s'élèvent en moyenne à 106 euros si le patient est pris en charge en ambulatoire et 163 euros s'il est hospitalisé mais ces montants peuvent monter jusqu'à plus de 2.000 euros par transfert", précise Solidaris. La mutualité ajoute que ce coût peut être multiplié lorsque le patient doit être transféré plusieurs fois sur une année, comme c'est le cas pour près d'un patient sur cinq (17%).

"La mise en réseau des hôpitaux est une bonne chose, mais dans l'implémentation de cette réforme il faut rester attentif aux effets indirects sur les patients, en particulier l'augmentation des coûts de transport en ambulance qui découlera de la plus grande centralisation des soins", déclare Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris.

Les patients médicalement fragilisés ou en situation socioéconomique difficile ne doivent pas, selon Solidaris, supporter les implications financières découlant de la mise en place des réseaux hospitaliers. Ces frais doivent être pris en charge par l'assurance maladie dans la mesure où ils sont induits par la réforme voulue du paysage hospitalier.