En Belgique, le port du masque n'a pas été encouragé officiellement. Et pour cause, il n'y en avait pas en stock
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En Belgique, le port du masque n'a pas été encouragé officiellement. Et pour cause, il n'y en avait pas en stock © EPA

Pourquoi le gouvernement belge a découragé le port du masque

De plus en plus de pays européens ont demandé à la population de porter un masque buccal lorsqu’elle quitte son domicile. Mais en Belgique, un autre son de cloche, qui finit par poser question: “totalement inutile”, serinait-on du côté de nos autorités. Mais pourquoi maintenir cette assertion en contradiction avec l’avis d’experts et d’autres gouvernements? L’aspect pratique aurait pris le dessus sur les preuves scientifiques.

L’Organisation mondiale de la santé le répète depuis le 22 janvier: le port du masque est conseillé pour toutes les personnes qui sont ou ont été infectées par le Covid-19. Le but n’est donc pas forcément de se protéger, mais d’éviter de propager le virus, surtout maintenant que l'on sait que c’est jusqu’à 8 mètres (et non 1,5 mètre comme le prévoit la distanciation sociale) que sont projetées les gouttelettes potentiellement contaminantes lorsqu’une personne atteinte se mouche ou éternue. 

Naturellement, la question reste toujours la même, à savoir qui est contaminé et qui ne l’est pas vu que les seuls malades ne sont pas contagieux et que nombre de personnes infectées sont asymptomatiques. En vérité, le monde scientifique et les études faites en ce sens sont toujours très partagées sur la nécessité de porter un masque pour circonscrire les épidémies de grippe ou de virus comme le Covid-19. Cela explique pourquoi les différents États touchés par le coronavirus adoptent des méthodes radicalement différentes... souvent liées à un aspect pratique simple: leur stock de masques, évidemment. 

Ne pas susciter une ruée qui aurait privé le secteur des soins

En Tchéquie, une campagne gouvernementale intitulée #Masks4All promeut actuellement avec succès le port partout et pour tous. Le pays se targue d’ailleurs d'un taux de contaminations lent mais peut-il vraiment l’attribuer à sa politique? La Slovaquie, la Slovénie et le Bulgarie lui ont en tout cas emboîté le pas. La pression se fait forte sur les pays qui ont renoncé à recommander le masque à la population - de gré ou de force. On connaît évidemment les contraintes matérielles qui poussent la Belgique à ne distribuer les masques déjà insuffisants qu’au personnel de première ligne. Marc Van Ranst persiste et signe: “Chaque gouvernement est libre de ses choix. Nous sommes convaincus de notre approche”, balaie-t-il. Pourtant, tant du côté des virologues chinois qui ont géré la crise à Wuhan que chez leurs collègues sud-coréens, japonais et américains, on critique l’attitude belge et européenne. 

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Le manque de consensus scientifique sur l’intérêt du port de masque ne veut évidemment pas dire qu'il ne sert à rien. Chez nous, l’aspect pratique a simplement primé et afin de ne pas priver davantage un secteur des soins déjà sur la réserve, on a voulu freiner la population belge qui était déjà en pleine ruée sur les produits de base: gel désinfectant, savon pour les mains, denrées non périssables. Y ajouter une chasse aux masques n’était pas opportun. Marc Van Ranst reconnaît aujourd’hui cette stratégie dans Het Laatste Nieuws: “Souvenez-vous, on en avait trop peu pour les hôpitaux il y a deux semaines. Nous étions en mauvaise posture, et on ne pouvait pas dire aux gens de se procurer individuellement leurs propres masques. Encore moins leur conseiller d’en porter un absolument à chaque déplacement”.

“Pas besoin de masque si on reste chez soi”

Pourtant il croit encore à la méthode belge: “On ne peut pas fournir un masque à tous les gens qui ont des symptômes, mais si tout le monde reste à la maison, ce n’est pas un problème. Et si les gens sains respectent la distanciation sociale, y compris au supermarché, alors les masques ne sont pas essentiels”, tempère-t-il. Reste à voir si cela se traduira bel et bien par un infléchissement (définitif) de la courbe des contaminations comme espéré dès les vacances de Pâques. 

Marc Van Ranst (KU Leuven).
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Marc Van Ranst (KU Leuven). © Video VTM NIEUWS
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