Quelles sont les drogues les plus dangereuses?

Quelles sont les drogues les plus dangereuses? Pourquoi certaines sont-elles légales et d’autres non? Voilà des questions qui continuent de faire débat. En effet, si certaines drogues, comme l’alcool et le tabac, sont régulées par des critères de vente, d’autres sont interdites par des conventions internationales. Pourtant, toutes les drogues impactent la santé de leurs utilisateurs. Un rapport du Comité Scientifique Indépendant sur les Drogues remet en cause le système international de classification des drogues constitué par les Nations Unies.

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Illustration © Getty Images/iStockphoto

Au niveau international, la régulation des stupéfiants et des substances psychotropes a été formalisée, sous l’égide des Nations Unies, à travers trois conventions dans l’objectif de contrôler et de limiter leur usage. Environ 250 substances ont été ainsi classées selon leur valeur thérapeutique, les risques d’abus et les dangers pour la santé.

Dans le cas des stupéfiants, l’héroïne, la morphine et l’opium sont ainsi placées dans la même catégorie, possédant des propriétés addictives et présentant des risques d’abus importants. Ces drogues sont soumises à un contrôle très strict. En ce qui concerne les substances psychotropes, celles-ci sont classées, de celles qui nécessitent un contrôle très strict, comme le LSD et l’ecstasy, à celles qui sont disponibles pour des raisons médicales, comme le diazépam.

Cette classification sert de base pour l’établissement du système de contrôle international, même si des régulations spécifiques sont instaurées de manière plus locale, comme au niveau de l’Union Européenne ou des pays eux-mêmes.

Un remise en question

En 2010, une étude établie au Royaume-Uni par le Comité Scientifique Indépendant sur les Drogues se base, elle, sur une classification multicritères avec l’objectif d’amener une vue plus large de la problématique. Vingt drogues se sont vues attribuées un score sur 100, par croissance des dommages, selon 16 critères, incluant les dommages impactant directement l’individu et ceux causés, indirectement, aux autres. Les critères concernent, par exemple, les crimes, la détérioration de l’espace familial, les dommages environnementaux, les pertes des relations, les coûts économiques ou l’impact sur la communauté.

Selon les résultats obtenus, l’alcool (72), l’héroïne (55), le crack de cocaïne (54) et les méthamphétamines (33) occupent le haut du classement. Les drogues les plus néfastes pour l’individu sont l’héroïne (34), le crack de cocaïne (37) et les méthamphétamines (32). L’alcool (46), le crack de cocaïne (17) et l’héroïne (21) sont, quant à elles, les drogues qui impactent le plus les autres. Dans le bas du classement se situent l’ecstasy (9), le LSD (7), la buprénorphine (7) et les champignons (6). La raison ? Ces drogues causent des dommages majoritairement à leurs utilisateurs et non aux autres et à leur environnement.

Si cette méthode de classification a ses propres failles – elle ne prend pas en compte les bénéfices médicaux, les différences de législations ou les usages commerciaux – elle introduit néanmoins une vision additionnelle de la problématique.