Emmanuel André, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19
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Emmanuel André, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19 © BELGA

“Tracking” et port généralisé du masque après le confinement?

Mise à jourLe nombre de personnes gravement malades diminue en Belgique alors que la capacité de dépistage a fortement augmenté ces dernières semaines, a expliqué mardi Emmanuel André, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19, lors du point presse quotidien du centre de crise. Cette capacité à tester plus largement devrait être mise en œuvre dans les prochains jours.

Les critères utilisés jusqu'à présent portent en priorité sur les soignants et les personnes gravement malades, dont le nombre diminue. "Ces critères doivent être élargis", estime Emmanuel André. "Nous attendons l'avis des collèges d'experts pour savoir qui bénéficiera en priorité de ces capacités. Il faut que les hôpitaux et les laboratoires aient des indications claires", poursuit le porte-parole. 

Une large action de dépistage ciblant le personnel des maisons de repos a commencé. "Il existe 1.500 maisons de repos et de soins en Belgique. L'objectif est de pouvoir proposer un test de diagnostic à tout le monde, les professionnels qui y travaillent comme les résidents", explique Emmanuel André. 

"L'effort est lancé et nous devrions atteindre rapidement cet objectif, mais cela va se faire progressivement. Tout le monde ne va pas en bénéficier du jour au lendemain", prévient-il. "Les capacités ont augmenté grâce notamment à des plateformes développées dans des laboratoires universitaires, mais aussi à un effort conjoint entre des firmes pharmaceutiques, des entreprises de biotechnologie et les universités", détaille Emmanuel André.

En Belgique, 80.512 tests ont été réalisés depuis le début de l'épidémie.

Et après le confinement?

Dépister le plus vite possible les personnes malades, leur entourage proche et retracer leurs contacts sera nécessaire, estime mardi Emmanuel André, porte-parole interfédéral Covid-19, lors du point presse quotidien du Centre de crise. Une stratégie de ‘tracking’ à mettre en œuvre lorsque l’épidémie sera mieux contrôlée. Le virologue envisage en outre le port généralisé d’un masque buccal lorsque les mesures de distanciation sociale seront allégées, pour autant que cela se fasse de manière cohérente.

Rechercher activement les cas de personnes infectées par le Covid-19, qu’ils soient symptomatiques ou non, devra faire partie de la stratégie de sortie pour le Centre de crise. “L’effort de s’enquérir de l’entourage de chaque patient est extrêmement important mais nécessaire pour aller aussi vite que le virus et éteindre les feux qui se présenteront dans les semaines et mois à venir”, justifie Emmanuel André.

Chaque nouveau cas devrait être accompagné d’une personne, ou d’un groupe de personnes, pour retracer ses contacts. “Il faut pour cela disposer d’outils et de capacités en ressources humaines importants”, complète le virologue.

 Vers un port du masque généralisé?

Plusieurs applications sont développées et étudiées en Belgique et ailleurs dans le cadre de la stratégie de sortie, précise-t-il. Le Centre de crise défend par ailleurs des mesures cohérentes sur l’ensemble de la population, notamment quant au port d’un masque buccal. “Les efforts réalisés de façon limitée dans l’espace auront peu d’impact sur la propagation du virus”, argumente Emmanuel André en réaction à l’appel de la ville de Wavre, qui encourageait lundi ses habitants à porter un masque lors de leurs sorties et déplacements nécessaires. “Dans le contexte actuel, quand on reste chez soi et qu’on respecte la distanciation sociale, porter un masque ne permet pas de diminuer la propagation de façon importante”, rappelle-t-il.

Le port généralisé du masque pourra en revanche être utile quand les mesures de distanciation sociale seront allégées, anticipe Emmanuel André. “Il faudra que ce soit fait de manière cohérente pour que cela ait un impact”, insiste-t-il.