Une partie du personnel du CHR de Huy forcé au chômage technique: “C’est un manque total de respect !”

Une partie du personnel soignant du CHR de Huy est au chômage technique. Cela concerne principalement les infirmiers et infirmières, mais touche également les kinésithérapeutes. Une décision de la direction de l’hôpital qui n’est pas comprise par le personnel.

Une partie du personnel du CHR de Huy est au chômage technique pour "cas de force majeure".
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Une partie du personnel du CHR de Huy est au chômage technique pour "cas de force majeure". © BELGA

L’incompréhension règne au sein du personnel du Centre Hospitalier Régional de Huy. Vendredi, la direction du CHR a en effet décidé d’écarter une partie de son personnel, aussi bien des infirmiers et infirmières que des kinésithérapeutes. Certains des employés non-nommés ont été mis au chômage technique et craignent que d’autres personnes reçoivent cette même mauvaise nouvelle dans la ou les semaines à venir.

“Les ressources humaines ont dit que plus ou moins 250 courriers allaient être envoyés dans le courant de la semaine. C’est honteux, nous ne comprenons pas cette décision”, s’indigne un infirmier de l’hôpital qui a préféré garder l’anonymat.

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C’est un manque total de respect !

Un infirmier du CHR de Huy

Un “cas de force majeure”

Contacté par nos soins, le CHR confirme bien que certains employés non-nommés allaient être mis au chômage technique pour “cas de force majeure”. “C’est un peu comme dans les entreprises, parfois, on n’a pas le choix. Certains services tournent pour un ou deux patients sur la journée, voire sur la semaine. Économiquement, ce n’est pas tenable”, explique le porte-parole du CHR. “La réflexion a été longue, mais nous pensons que c’est la meilleure chose à faire.”

Des arguments entendus par l’infirmier, mais qui, une semaine après que le gouvernement fédéral a décidé de dégager 56,55 millions d’euros pour aider le secteur hospitalier, n’est pas tout à fait compris. “À quoi va servir cet argent, si ce n’est pour garder et payer du personnel qualifié ?”, s’interroge l’homme.

En effet, selon notre infirmier, ce ne sont pas seulement des personnes non-qualifiées pour faire face au coronavirus qui sont remerciées temporairement, mais bien du personnel médical qui était en première ligne. “De jeunes collègues kinés qui effectuaient, hier matin encore, des soins respiratoires dans l’unité Covid-19 de l’hôpital vont être mis de côté sous peu. Des infirmières sont également au chômage économique et seront rappelées une semaine sur quatre”, regrette-t-il.

Même le personnel qualifié est concerné

Le travail qu’effectuaient ces employés sera fait par les membres du personnel nommés. Au-delà du fait que la plupart sont déjà plutôt âgés, et donc plus fragiles face au virus, l’infirmier regrette que, dorénavant, ils doivent exécuter des tâches pour lesquelles ils sont peut-être moins qualifiés. 

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Un médecin, aussi compétent soit-il, ne pourra pas appliquer des techniques de kiné respiratoi­re comme un vrai kiné, par exemple.

Infirmier anonyme

Nous avons tenté d’en savoir plus auprès de la direction du CHR de Huy, mais celle-ci est restée muette, faute de temps à nous accorder en cette période de crise sanitaire.

Un salaire déjà amputé de moitié

“La plupart sont employés à mi-temps et, comme ces kinés, ils ne peuvent plus exercer en tant qu’indépendant et ne peuvent donc plus compter sur leurs honoraires habituels. En ajoutant un chômage technique qui leur retire une partie de leur salaire, ils ne savent pas comment ils vont s’en sortir”, indique l’infirmier.

La situation est singulière, mais il faut savoir que ces personnes, mises au chômage technique, pourront être rappelées au besoin.

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