À quoi ressemblerait notre maison sur la planète Mars?

Planète rocheuse, fort semblable à la Terre, Mars fascine depuis de nombreuses années. La présence possible d’eau sur la planète en a fait l’objet le plus désiré de la conquête spatiale. Si bien que certains imaginent, et construisent déjà, des prototypes de ce que pourraient être les futures habitations humaines sur place.

C’est le cas de l’AI SpaceFactory, une agence d’architecture et de design new-yorkaise, et lauréate du 3D-Printed Habitat Challenge, organisé par la Nasa. Le concours, réparti sur trois années et trois étapes - illustration architecturale, développement du matériau, conception et construction de l’habitat - a réuni soixante équipes, en compétition pour un prix de 500.000 dollars. Les habitats élaborés, et construits par la suite par une imprimante 3D, ont été soumis à différents tests de viabilité.

Marsha, le prototype d’AI SpaceFactory, a été créé en quasi-autonomie en une trentaine d’heures. L’habitat, une structure ovoïde de quatre mètres de haut, a été longuement réfléchi pour répondre à la fois aux besoins humains, aux conditions de l’environnement martien et aux contraintes imposées par le transport de cargaisons spatiales.

Concevoir un habitat sur Mars

Tempêtes de poussières, vents solaires et températures extrêmes: la vie sur Mars est loin d’être une partie de plaisir. Les bâtiments martiens seront non seulement des habitations mais aussi des machines complexes qui garantiront la vie des équipes humaines envoyées sur place. À plus de 50 millions de kilomètres de la Terre, chaque erreur - fissure, panne ou sentiment de mal être - peut être fatale. C’est donc avec un soin particulier que l’agence a imaginé les contraintes physiques mais également les besoins sociaux des futurs habitants. Selon SpaceFactory, “les habitats doivent être conçus pour être des mondes riches, utiles et intéressants.”

Une structure ovoïde de quatre étages

Loin des schémas conventionnels, l’agence a voulu créer une structure élégante s’élevant vers le ciel. Elle a été optimisée pour gérer la pression atmosphérique et les écarts thermiques, particularités différentes des contraintes terrestres qui demandent avant tout une résistance au vent et à la gravité. La position verticale et la conception ovoïde permettent également de minimiser les tensions mécaniques à la base et au sommet de l’habitat.

Sa structure ovoïde est divisée en deux coques imbriquées mais distinctes. La coque externe a pour mission de résister aux pressions climatiques tandis que la coque interne répond aux besoins humains. Un puits de lumière, situé au sommet, ainsi que quatre fenêtres, diffusent la lumière naturelle dans tout l’édifice grâce aux ouvertures ménagées entre les étages, notamment par l’escalier. Les fenêtres sont conçues pour protéger les habitants des rayons solaires et cosmiques.

Les quatre étages sont aménagés pour accueillir une équipe de quatre personnes. Deux laboratoires ainsi que les équipements spatiaux se partagent deux des étages avec la cuisine, un autre accueille une salle de bain, les quatre chambres et un jardin, tandis que le dernier est réservé à l’exercice physique et la détente. 

Des matériaux de construction in situ

L’agence a prévu la construction de Marsha grâce à l’utilisation de ressources martiennes. Les fusées ne peuvent en effet transporter que peu de matériels et, en cas de dégâts sur les bâtiments, les moyens de réparation devront être trouvés sur place. L’utilisation de technologies employant des ressources in situ c’est-à-dire extraites de l’environnement sur place, ont donc été favorisées. La structure sera construite à partir de fibres de basalte, provenant de la roche et de bioplastique renouvelable, issu d’une production de plantes cultivées par les astronautes sur place. Des machines seront envoyées à l’avance pour créer les bâtiments à partir d’imprimantes 3D afin que ceux-ci soient prêts lors de l’arrivée des premières équipes.

Habiter sur Mars serait donc un rêve à portée de main? En tout cas, de telles initiatives permettent de s’en faire une idée plus concrète.

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A quoi nos habitations ressembleraient-elles sur Mars? © DR