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Après son erreur d'orbite, la capsule de Boeing revient sur Terre

La nouvelle capsule de Boeing, Starliner, reviendra atterrir aux Etats-Unis dimanche après avoir raté son objectif principal de rejoindre la Station spatiale internationale (ISS), ont confirmé la Nasa et le géant aérospatial samedi.

L'atterrissage de la capsule, qui n'a qu'un mannequin à bord, est prévu dimanche à 05H57 (12H57 GMT) sur la base de White Sands, dans le Nouveau-Mexique, six jours plus tôt que prévu.

La capsule est actuellement en orbite basse à 250 km d'altitude. Les ingénieurs de Boeing programmeront ses propulseurs pour la faire rentrer dans l'atmosphère au-dessus du Pacifique, puis des parachutes ralentiront la fin de sa descente. De grands airbags amortiront l'atterrissage dans le désert.

Starliner avait été lancée vendredi de Cap Canaveral, en Floride, mais peu après sa séparation de la fusée, elle n'a pas allumé ses propulseurs comme prévu et n'a donc pas été placée sur la bonne orbite pour rattraper l'ISS, qui vole autour de la Terre à environ 400 km d'altitude.

Parce qu'elle a consommé trop de carburant pendant plusieurs minutes de navigation erronée, Boeing et la Nasa ont jugé qu'elle ne pourrait plus rejoindre l'ISS et ont décidé de ramener Starliner sur Terre au bout de 48 heures, sans avoir réalisé l'objectif principal de la mission.

Au lendemain de l'incident, Boeing a confirmé que l'erreur venait du fait que la capsule avait récupéré une mauvaise heure de la fusée. "Nous avons démarré l'horloge au mauvais moment", a dit Jim Chilton, vice-président pour l'espace de Boeing, lors d'une conférence téléphonique.

La mission n'est pourtant pas un échec, insiste le patron de la Nasa, Jim Bridenstine.

"Les équipes de la Nasa et de Boeing ont travaillé main dans la main pour accomplir le plus d'objectifs possibles", a-t-il dit.

Par exemple, Starliner a pu établir une ligne de communication avec l'ISS, Boeing a pu tester dans l'espace le mécanisme d'amarrage, et les systèmes du véhicule fonctionnent (propulseurs, panneaux solaires, batteries, caméras, régulation de la température à l'intérieur...).

"Le statut du véhicule est vraiment excellent", a dit Jim Chilton.

Reste à réussir l'atterrissage, l'une des phases les plus dangereuses pour toute mission spatiale, a fortiori pour un véhicule destiné à transporter des astronautes. Starliner rentrera dans l'atmosphère à 25 fois la vitesse du son. Il faudra que le bouclier thermique résiste et que les trois parachutes principaux se déploient correctement.

Lors d'un test en novembre, seuls deux parachutes s'étaient ouverts, ce qui n'avait toutefois pas empêché l'atterrissage.

"La phase de rentrée, de descente et d'atterrissage n'est pas pour les coeurs sensibles", dit Jim Chilton.

La Nasa devra ensuite décider soit de réclamer un autre test non habité, soit de faire confiance au véhicule pour y faire voler ses astronautes. Le premier vol habité de Starliner était prévu au début de 2020, sans date précise, une échéance attendue depuis la fin des navettes spatiales en 2011.

Un autre véhicule, la capsule Crew Dragon, a été développé par SpaceX pour la Nasa, et devrait être prêt dans les prochains mois.