C'est grâce à cette jeune scientifique que le monde a pu admirer un trou noir

Katie Bouman était encore étudiante quand elle a imaginé un nouvel algorithme.

Pour la première fois dans l'histoire de l'astronomie, une équipe de scientifiques a révélé ce mercredi 10 avril la véritable image d'un trou noir supermassif, qui se situe à environ 50 millions d'années-lumière de la Terre. On connaît l'existence des trous noirs depuis le 18ème siècle mais aucun télescope n'avait encore réussi à en observer un.  "Jamais je n'aurais cru en voir un vrai de mon vivant", a déclaré à l'AFP l'astrophysicien CNRS, Jean-Pierre Luminet, auteur de la première simulation numérique d'un trou noir en 1979. 

Cette découverte historique a été rendue possible par le travail d'environ 200 auteurs, de plus de 60 organismes scientifiques. Une collaboration internationale baptisée Event Horizon Telescope (EHT), qui regroupe une dizaine de radiotélescopes et d'observatoires répartis autour du globe. Mais sans Katie Bouman, la photo du trou noir n'aurait peut-être pas existé, révèle le Huffington Post.

Katie Bouman est une astrophysicienne de 29 ans. Il y a trois ans, alors qu'elle était étudiante au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), elle a mené des recherches sur un nouvel algorithme capable de synchroniser et reconstituer des milliers d'images prises par huit télescopes répartis sur toute la planète. Un tel volume de données est gigantesque: l'ensemble des disques durs contenait quatre petaoctets (4 millions de milliards d'octets) de données et représente plusieurs centaines de kilos de matériel.

"Un trou noir est un objet céleste très, très éloigné de nous, et très compact", expliquait Katie Bouman dans un communiqué publié en 2016. "C'est comme prendre en photo un grain de raisin sur la Lune, mais avec un radiotélescope. Obtenir une image de quelque chose de si petit nécessiterait un télescope de 10.000 kilomètres de diamètre. Ce qui n'est pas très pratique puisque le diamètre de la Terre ne fait même pas 13.000 kilomètres."

Quatre équipes différentes ont utilisé l'algorithme afin d'obtenir un résultat fiable, rapporte Métro. Les premières images ont été reconstituées en juin dernier. "Quand j'ai vu que toutes les équipes avaient des images très similaires, ça a été le moment le plus heureux que j'aie jamais connu", a confié Katie au Wall Street Journal. Mercredi, la jeune scientifique a publié une photo d'elle sur Facebook au moment précis où elle a découvert "avec incrédulité" sa première photo d'un trou noir. 

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