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Des chercheurs belges tentent de bloquer la phase inflammatoire du Covid-19

Des essais cliniques visant à bloquer la phase inflammatoire du Covid-19, où les cas sont les plus graves, sont coordonnés par l'hôpital universitaire de Gand depuis début avril. Les résultats sont encourageants. Le dosage de certaines protéines permet de détecter et de mieux comprendre les formes sévères de la maladie, a expliqué vendredi le Laboratoire hospitalier universitaire de Bruxelles (LHUB-ULB).

Les protéines appelées interleukine-1 (IL1) et interleukine-6 (IL6) permettent de réguler l'inflammation aiguë. Pour calmer la réponse immunitaire et réduire l'inflammation, les chercheurs utilisent certains médicaments qui bloquent leurs récepteurs dans le corps, comme le tocilizumab ou le siltuximab.

Chez les cas de Covid-19 les plus sévères, c'est le composant inflammatoire de la maladie qui prédomine. Au début de l'infection, le virus attaque le corps. C'est la phase virale. Après la réduction de la charge virale, une réaction inflammatoire se produit. "Tous les patients développent de l'inflammation, mais chez certains, cela tourne à 'l'orage cytokinique', c'est-à-dire à une inflammation très forte", explique Frédéric Cotton, chef du service de chimie médicale du LHUB-ULB, qui participe aux analyses. L'inflammation, qui a pour but de se défendre contre l'agresseur, déclenche alors des dégâts pour le patient lui-même. Les médecins essaient donc de rétablir une réponse adéquate du système immunitaire.

Une trentaine de malades sont inclus dans l'étude en Belgique. Il faudra observer plus de 340 patients pour affirmer l'efficacité du traitement de manière statistique. "Nous avons l'impression que cela marche", se réjouit Maya Hites, infectiologue à l'hôpital Erasme. "Mais nous pouvons avoir de fausses impressions. Un patient a par exemple refusé de participer à l'étude. Son état s'est amélioré spontanément dans les deux jours", explique-t-elle.