Importante avancée en matière d'intelligence artificielle à l’Université de Liège

Des chercheurs de l’Université de Liège ont développé une nouvelle méthode d’intelligence artificielle qui permet à des agents intelligents de réaliser des tâches non rencontrées en phase d’entraînement. Une avancée inédite pour la recherche en la matière portée par deux doctorants et deux professeurs.

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Illustration. © Getty Images

C’est indéniable, l’intelligence artificielle (IA) est au cœur de toutes les spéculations sur notre avenir technologique. Et ce n’est pas sans raison puisque les recherches en la matière permettent le développement de techniques d’apprentissage automatique très performantes.

Malgré les immenses progrès dans le domaine de l’IA ces dernières années, nous sommes encore très éloignés de l’intelligence humaine. Bien que les agents soient plus performants que les humains sur une tâche bien précise pour laquelle ils ont été entraînés, leur capacité à comprendre et réaliser une tâche différente, même ne serait-ce qu’un peu, est moins bonne. L’être humain est, quant à lui, capable de s’adapter à de nouvelles situations très efficacement en utilisant les compétences qu’il a acquises tout au long de sa vie. Cette adaptation rapide des compétences est associée à la neuromodulation. Celle-ci modifie les propriétés “entrée-sortie” des neurones eux-mêmes via des neuromodulateurs chimiques.

“Aucun travail scientifique n’avait proposé jusqu’à aujourd’hui une manière d’introduire un mécanisme de neuromodulation dans des réseaux de neurones artificiels. Ce résultat tout à fait exceptionnel, décrit cette semaine dans la revue PLOS ONE, est issu d’une collaboration très fructueuse entre des chercheurs en neurosciences et des chercheurs en intelligence artificielle de l’Université de Liège mettant au point des algorithmes intelligents”, indique l’Université de Liège. Aux manettes de cette recherche innovante, on retrouve les doctorants Nicolas Vecoven et Antoine Wehenkel, ainsi que deux professeurs, Damien Ernst (spécialiste en intelligence artificielle) et Guillaume Drion (neuroscientifique).

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© Université de Liège

Premiers tests concluants

Ensemble, ils ont développé une architecture de réseaux de neurones artificiels tout à fait originale, introduisant une interaction entre deux sous-réseaux. Un premier prend en compte toutes les informations contextuelles concernant la tâche à résoudre et, sur la base de ces dernières, neuromodule le deuxième sous-réseau à la manière des neuromodulateurs chimiques du cerveau. De ce fait, l’agent intelligent peut rapidement s’adapter, tout comme un humain le ferait.

Pour le professeur Damien Ernst, “la nouveauté de cette recherche est que, pour la première fois, des mécanismes cognitifs identifiés en neurosciences trouvent des applications algorithmiques dans un contexte multi-tâches. Cette recherche ouvre des perspectives dans l’exploitation en IA de la neuromodulation, mécanisme-clé du fonctionnement du cerveau humain.”

Les premiers tests se sont montrés concluants sur les problèmes de navigation nécessitant justement une bonne capacité d’adaptation. Des agents entraînés à se déplacer vers une cible, tout en évitant des obstacles, ont notamment été capables de s’adapter à des situations dans lesquelles leur mouvement était perturbé par du vent dont la direction est extrêmement variable.

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