Plein écran
Photo prétexte © Getty Images

L’altitude renforce-t-elle le risque de suicide?

Le suicide est-il en partie influencé par l'altitude? La question fait débat depuis de nombreuses années. Selon Brent Kious, un psychiatre de l’Université d’Utah “si quelqu’un est déjà modérément déprimé, l'altitude peut faire une différence et avoir un impact”. Une conclusion contestée par d’autres chercheurs. 

Certains états de l’ouest des États-Unis affichent un taux de suicide particulièrement élevé. C’est le cas notamment de l’Utah qui se situe dans la région des Rocheuses assimilée au surnom peu flatteur de “suicide belt” (NDLR: ceinture du suicide), rappelle le média français Slate. Le Colorado notamment est aussi touché par le phénomène. 

La faute à l’altitude? C’est la thèse exposée par le psychiatre et neurobiologiste Perry Renshaw. Il avance notamment que le manque d’oxygène pourrait diminuer l’effet des anti-dépresseurs, provoquer de l’hypoxie (NDRL: déficit d’oxygène dans les tissus) et entraver la production de sérotonine qui contribue à la régulation des émotions. 

Les thèses divergent

Perry Renshaw et les chercheurs qui l’ont assisté dans son étude ont découvert que le taux de suicide était moitié moins élevé dans les régions où l’altitude ne dépassait pas 600 mètres, comparées à celles ou l’altitude est comprise en 1.200 et 1.500 mètres.

“Si vous n’êtes pas déjà déprimé, ce ne sera pas un gros problème-(...), mais si quelqu’un est déjà modérément déprimé, cela peut faire une différence et avoir un impact sur le risque de suicide”, corrobore Brent Kious, psychiatre à l’Université d’Utah, qui s’est également penché sur le sujet. 

“Nous avons trouvé de nombreux autres facteurs qui rivalisent avec l’altitude: si elle joue un rôle, il est mineur”, tempère Ben Honigman professeur en médecine d’urgence.