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L'empire de Charles "Lucky" Luciano touchait à toutes les activités illégales: alcool, drogue, prostitution, loteries clandestines... © (Twitter)

L'histoire de "Lucky" Luciano, le patron de la mafia à New York

VideoConsidéré comme le père du crime organisé moderne aux États-Unis, Charles "Lucky "Luciano a pourtant participé à la réussite de deux opérations militaires de grande envergure, en collaborant avec le gouvernement américain durant la Seconde Guerre mondiale.

La vie de Charles "Lucky" Luciano dépasse de loin la simple histoire de gangster. Celui qui a débuté comme coursier dans les rues de New York a peu à peu acquis un pouvoir immense. Ses vieux amis s'appelaient Al Capone, Meyer Lansky, Tony Costello, Vito Genovese et Carlo Gambino. Et son empire touchait à toutes les activités illégales: alcool, drogue, prostitution, loteries clandestines...

Ce n'est pas un hasard si le magazine Time a classé "le chef de tous les chefs" (son surnom) parmi les principaux bâtisseurs d'empire au XXe siècle, un empire du crime. Grâce à ses mémoires, Mario Puzo et Francis Ford Coppola ont créé le personnage mythique de Don Corleone dans "Le Parrain". C'est à partir de sa vie que Sergio Leone a imaginé "Il était une fois en Amérique".

L'incendie de l'USS Lafayette
La vie de Charles "Lucky" Luciano" bascule en 1942. Durant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont très préoccupés par le nombre important de citoyens américains d'origines japonaise, italienne et allemande. Ils craignent que certains d'entre eux soutiennent la cause des forces de l'Axe et puissent constituer une menace pour la sécurité nationale.

L'USS Lafayette prend feu et chavire dans le port de New York. Pour le gouvernement américain, il s'agit probablement d'un acte de sabotage. (continuez à lire sous la photo)

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Le mafieux sicilien a purgé une peine de prison de 30 ans pour proxénétisme à la prison de Clinton. © (Twitter)

Les États-Unis prennent l'affaire très au sérieux. Le gouvernement américain enquête d'abord sur les nombreux dockers italo-américains vivant dans la région. Un échec. Il se tourne ensuite vers une alliée pour le moins improbable: la mafia.

C'est alors que "Lucky" Luciano entre en scène. Entre-temps, le mafieux sicilien purge une peine de prison de 30 ans pour proxénétisme à la prison de Clinton, et il accepte de coopérer en l'échange d'une réduction de peine. L'opération "Underworld" est lancée.

Il donne des infos précieuses à la Navy
"Le chef de tous les chefs" fournit des informations précieuses à la Navy. Toute activité suspecte constatée dans les ports de la Côte Est est rapportée aux autorités.

Si l'efficacité de "Lucky" Luciano est parfois débattue, force est de reconnaître qu'aucun autre navire n'a été détruit, et aucune grève des dockers new-yorkais n'a été recensée. (continuez à lire sous la vidéo)

Durant la Seconde Guerre mondiale, ce n'est pas le grand amour entre Benito Mussolini et la mafia. Le dictateur italien la combat et la pousse à oeuvrer dans la clandestinité.

"Lucky" Luciano, lui, est capable de fournir des informations cruciales aux américains et un soutien logistique indispensable lors du débarquement (photos des ports siciliens, croquis détaillés...). C'est le début de l'opération "Husky".

Les Alliés reprennent la Sicile
Des informations qui vont se révéler indispensables lors de la planification du débarquement allié de juillet 1943. Trente huit jours après l'invasion, les Alliés parviennent à reprendre la Sicile, jusqu'alors aux mains des forces de l'Axe. Certains de ses contacts siciliens choisiront même de combattre les Allemands et les Italiens aux côtés des forces américaines.

Selon l'avocat de "Lucky", son client "a permis la localisation de nombreux siciliens qui ont fourni des informations cruciales à la Navy et a collaboré durant deux ans avec le gouvernement américain pour la planification du débarquement en Sicile". (continuez à lire sous la photo)

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Grâce à ses mémoires, Mario Puzo et Francis Ford Coppola ont créé le personnage mythique de Don Corleone dans "Le Parrain". C'est à partir de sa vie que Sergio Leone a imaginé "Il était une fois en Amérique". © (Twitter)

Lorsque la Seconde Guerre mondiale s'achève le 2 septembre 1945, "Lucky" Luciano est toujours derrière les barreaux. Il implore la clémence du gouverneur de l'État de New-York, en mettant en avant sa contribution aux opérations "Underworld" et "Husky".

Le mafieux sicilien sera finalement libéré le 3 janvier 1946. Avec une seule condition à respecter: ne jamais remettre les pieds aux États-Unis. Il tentera d'abord de diriger incognito son empire depuis l'île de Cuba avant d'être repéré par le FBI.

2.000 personnes à ses funérailles
"Lucky" Luciano rejoint alors Naples mais il perd sa place dans la hiérarchie de la mafia. Son aventure est finie, l'heure est à la retraite.

En 1962, il meurt d'une crise cardiaque à l'âge de 64 ans. Son corps sera rapatrié aux États-Unis où il sera enterré dans le caveau familial devant un cortège de 2.000 personnes.

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Grâce à ses mémoires, Mario Puzo et Francis Ford Coppola ont créé le personnage mythique de Don Corleone dans "Le Parrain". C'est à partir de sa vie que Sergio Leone a imaginé "Il était une fois en Amérique". © (Twitter)