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Le cannabis rend-il stupide? Rien ne le prouve...

Une étude récente a démontré que la consommation régulière de cannabis affectait la mémoire et la qualité du vocabulaire du fumeur. Mais les résultats de ces recherches publiés dans la presse prennent trop souvent le pli de l'alarmisme. Bref, qui dit vrai? Tout est dans la nuance. Explications.

Selon une étude de l'université de Lausanne, la consommation régulière de cannabis entraînerait une perte progressive de la mémoire et du vocabulaire. L'expérience a été menée sur un échantillon de 3.400 Américains sur une période de 25 ans. L'analyse des interrogatoires conclut à un léger appauvrissement du niveau de vocabulaire chez le fumeur régulier, et ce sous l'effet de la principale substance active de la plante: le tétrahydrocannabinol, mieux connu sous le nom de THC. 

Mémoire
Selon les analyses neurologiques, le THC pourrait en effet affecter notablement l'enregistrement d'informations par l'hippocampe, la zone du cerveau responsable de la gestion de la mémoire. Un constat qui s'aggrave par ailleurs chez les consommateurs précoces et chroniques. 

Contradiction
Or, l'étude tient à préciser également que le cannabis n'endommagerait pas, contrairement à un facteur régulièrement mis en avant par les politiques de santé publique, les capacités de concentration et de déduction, ce qui vient confimer la thèse défendue lors cette recherche menée sur 290 paires de jumeaux aux habitudes de consommation opposées. Les tests n'avaient en effet pas pu démontrer de différences intellectuelles sensibles entre l'individu fumeur et le non-fumeur.

Q.I. en fumée? Pas vraiment...
Depuis 2012 et la publication d'une étude néo-zélandaise très médiatisée, la conviction de l'impact négatif du cannabis sur le quotient intellectuel (Q.I.). s'installe dans l'imaginaire collectif. Or, un manque de rigueur scientifique décrédibilise ces résultats généralement trop peu attentifs aux facteurs parallèles tels que la consommation d'alcool et de tabac, la santé mentale et le milieu social dans lequel évoluent les individus soumis aux tests. 

Prudence
Malgré ce constat plutôt indulgent à l'égard de la drogue la plus appréciée des Belges, il convient de rappeler les risques inhérents à la consommation excessive de cannabis, sous toutes ses formes, tels que la dépendance (physique ou psychique), la psychose, la dépression et l'isolement social.