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L'attentat du World Trade Center le 11 septembre 2001. © CNN

Les causes les plus fréquentes de mortalité ne sont pas celles que l’on croit

De quoi mourrons-nous? Que recherchons-nous sur Google? Que lisons-nous dans les médias? Owen Shen, un étudiant en sciences informatiques de la University of California de San Diego, a eu l’idée de comparer les causes de mortalité réelles avec leurs représentations dans les médias et dans les résultats de recherches Google. Il se trouve que la réalité peut être bien différente de ce que l’on croit.

Shen a, au préalable, sélectionné les dix causes de mortalité les plus fréquentes aux États-Unis en se basant sur les statistiques de santé publique données par les CDC, les Centres de contrôle et de prévention des maladies. On y retrouve, placés en haut de la liste, les maladies cardiaques, responsables de 30% des décès, les cancers, pour 29%, et les maladies respiratoires, pour 7%. À cela, Shen a ajouté trois causes externes: les overdoses, le terrorisme et les homicides. Les résultats présentés sont des moyennes établies sur les années allant de 1999 à 2016.

Dans un premier temps, ces statistiques ont été comparées avec les mentions des causes de mortalité retrouvées dans les bases de données des articles du New-York Times et The Guardian. Et dans un second temps, elles ont été mises en comparaison avec les résultats des recherches Google que Shen a extraits des Google Trends. Il a ainsi pu établir des différences et des similarités entre ces quatre sources d’informations.

Forte déconnexion

Un premier constat marque la ressemblance des couvertures médiatiques données par les deux journaux. Le terrorisme obtient plus de 30% des mentions, suivi par les homicide à plus de 20%, des cancers et des suicides, respectivement à 13% et 14%. On remarque donc une forte déconnexion entre ces résultats et les causes réelles de mortalité. En effet, le terrorisme n’est responsable que de 0,007 % des décès et, pourtant, il obtient la visibilité médiatique la plus importante. Les maladies cardiaques ainsi que les cancers et les maladies respiratoires sont, elles, largement sous représentées dans les médias.

En ce qui concerne les résultats de recherche Google, c’est-à-dire ce que tout un chacun cherche comme informations sur internet sur les sujets qui le préoccupe, ils s’avèrent plus représentatifs de la réalité. Les informations sur les cancers sont les plus recherchées, à 37%, ainsi que celles sur le diabètes, les accidents de la route et les suicides. Cependant, 2% des recherches seulement concernent les maladies cardiaques ou respiratoires tandis que celles sur le terrorisme s’élèvent à 6 %.

De manière générale, les écarts les plus marquants entre les résultats relevés sur les quatre sources de données concerne les décès violents : suicides, homicides et terrorisme. Il serait intéressant, lors d’une prochaine étape, de se pencher sur les causes des différences établies entre les données réelles, leur représentation médiatique et les informations recherchées par la population.