Johan Neyts.
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Johan Neyts. © REUTERS

“Nous devons être patients”: un vaccin contre le virus à la fin de l’été 2021?

L’espoir de trouver un vaccin efficace contre le coronavirus est grand pour la communauté scientifique, mais il faudra être patient, avertit le virologue belge Johan Neyts de la KU Leuven. “Avoir quelque chose de prêt d’ici octobre me semble trop optimiste. Je pense qu’à la fin de l’été 2021, c’est un scénario réaliste”, analyse-t-il.

Les chercheurs de Louvain travaillent jour et nuit sur un vaccin. “Nous développons un prototype et tout fonctionne très bien jusqu’à présent”, déclare Johan Neyts dans “The world today” sur Radio 1. Les tests sur les hamsters semblent bien se dérouler, mais cela ne signifie pas qu’il existe un vaccin dans l’immédiat. Ce type de recherche se déroule en plusieurs phases au cours desquelles le vaccin doit être testé à chaque fois sur un groupe de personnes. Une telle procédure prend normalement dix ans.

Oxford, un “précurseur”?

Heureusement, plusieurs vaccins sont en cours de développement. Ce jeudi, l’université d’Oxford a déjà lancé des essais cliniques sur l’homme pour un vaccin contre le Covid-19, sur plusieurs centaines de volontaires recrutés. “C’est incroyablement rapide”, confie le scientifique. “Nous ne connaîtrons pas le code génétique du virus avant la mi-janvier. Oxford est vraiment un précurseur dans ce domaine. Toutes nos félicitations pour cela”.

Les chercheurs suisses espèrent disposer d’un vaccin dès le mois d’octobre, mais le chercheur temporise en affirmant qu’il faudra être patient. “Cela me semble trop optimiste. Janssen Pharmaceutica espère que les premiers vaccins seront prêts à la fin de l’été 2021. Je pense que c’est un scénario plus réaliste”.

Une course aux profits?

Le virologue se félicite du fait que plusieurs vaccins sont en cours de développement. “C’est aussi une bonne chose que tout le monde ne travaille pas sur la même chose. Mais il est préférable de ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier”.

Le fait que des sociétés commerciales recherchent le profit est, selon lui, d’une importance secondaire. “Je sens partout, y compris dans l’industrie pharmaceutique, qu’ils se sentent socialement responsables de faire ce qu’il faut, afin que nous puissions tous ensemble nous attaquer à ce problème. Normalement, un tel processus est un véritable marathon, maintenant il doit être un sprint. Celui qui finira par trouver un vaccin pourra le vendre et faire un bénéfice, mais je pense qu’à l’heure actuelle, c’est secondaire”.

Recherche d'un traitement

Pendant ce temps, une recherche de traitements via des médicaments pour le Covid-19 se poursuit jour et nuit. “Nous trouverons des choses qui fonctionnent en laboratoire”. Mais là aussi, il y a des phases de test, d’abord sur des animaux de laboratoire, puis sur des personnes.

Y a-t-il une chance que nous ne trouvions pas un vaccin ou un traitement qui puissent nous protéger contre le Covid-19? “Je suis plein d’espoir. Tout le monde dans le métier est plein d’espoir. Il devrait être possible de développer un vaccin contre le coronavirus.”

Différence avec le VIH

Il y a une grande différence avec, par exemple, le VIH. “Le virus du Sida a été découvert en 1983 et nous n’avons toujours pas de vaccin. C’est parce que le VIH évolue très rapidement. C’est une sorte de cheval de Troie qui se cache dans les cellules du système immunitaire. C’est donc très difficile. Mais d’après ce que nous savons de la famille des coronavirus, nous avons espoir qu’un vaccin fonctionne”.