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© Lora Dicarlo

Au salon mondial de la tech, un sextoy connecté gagne un prix... avant d'être banni

La Consumer Technology Association (CTA) est accusée de sexisme après avoir banni un sextoy féminin qu'elle avait pourtant récompensé d'un prix.

"Osé", un sextoy féminin connecté mis au point par la marque Lora DiCarlo a été récompensé lors du CES (Consumer Electronics Show), la grand-messe des innovations technologique qui a lieu chaque année à Las Vegas... avant d'être banni du salon et de perdre son prix dans la foulée. 

La CTA (Consumer Technology Association), l'organisation qui organise le CES a en effet jugé cette innovation "immorale, obscène, indécente, profane et ne correspondant pas à l'image" de l'événement. 

Le 10 octobre dernier, Lora DiCarlo a appris par mail que son invention, classée dans la catégorie "Robotique et drones", avait été récompensée. Mais quelques jours plus tard, le CTA l'a informée qu'elle ne recevrait finalement pas de prix, et ne serait pas représentée au salon. L'organisation a expliqué qu'elle se réservait le droit de disqualifier n'importe quel produit si ce dernier présente "un danger pour la sécurité ou le bien-être de qui que ce soit". 

Sexisme
Dans une lettre ouverte publiée sur son site internet, Lora Haddock, fondatrice de l'entreprise à l'origine du sextoy, a accusé le salon de faire preuve de sexisme. Selon elle, il y a un "double standard en ce qui concerne la sexualité et la santé sexuelle".

"Alors qu'il y a des produits sexuels et pour la santé sexuelle au CES, il semblerait que l'administration de ce salon applique des règles différentes pour les entreprises et les produits en fonction du genre des clients". Des robots strip-teaseuses, des poupées sexuelles et des innovations pour regarder de la pornographie en réalité virtuelle ont par exemple déjà été présentés au salon. "Vous ne pouvez pas prétendre être impartial si vous autorisez un robot sexuel pour les hommes mais pas un appareil de massage vaginal pour un orgasme mixte", estime Lora Haddock.

Changement de version
Face à cette polémique, les organisateurs du salon ont changé leur version et ont expliqué qu'Osé avait été disqualifié car il ne correspondait pas à la catégorie "Robotique et drones" dans laquelle il avait été nommé... bien que les ingénieurs de l'entreprise aient collaboré avec l'un des laboratoires de robotique les plus réputés des États-Unis.