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Des parents autorisés à utiliser le sperme de leur fils décédé pour procréer

La cour suprême de New York a autorisé les parents d’un élève officier américain, jeune célibataire décédé d’un accident de ski, à utiliser son sperme congelé pour procréer, ont rapporté cette semaine les médias d’outre-Atlantique.

“Les parents de Peter Zhu sont les parties appropriées pour prendre les décisions concernant l’utilisation de son matériel génétique”, d’après le juge John Colangelo. “A ce stade, la cour ne placera aucune restriction quant à l’utilisation que les parents de Peter pourraient faire du sperme de leur fils, en ce compris son utilisation potentielle à des fins de procréation”, selon la décision de 12 pages, datée du 16 mai. Accorder cette permission “ne ferait pas violence à sa mémoire”, pour le juge Colangelo.

Donneur d’organes

Peter Zhu, célibataire de 21 ans, avait été retrouvé inconscient fin février sur une piste de ski de l’académie militaire de West Point puis déclaré en état de mort cérébrale quelques jours plus tard. Début mars, l’autorisation avait déjà été donnée pour le prélèvement et la conservation de sperme de la victime, alors maintenue en vie aussi pour le prélèvement de ses organes avec son accord préalable. Hôpital et urologue avaient réclamé une décision de justice favorable comme condition. La dépouille de l’élève officier a été inhumée au cimetière de West Point. La décision sur l’utilisation elle-même restait pendante.

Prolonger la lignée au-delà du fils unique

Les parents du jeune homme, leur fils unique, avaient motivé leur souhait par la volonté de réaliser à titre posthume le rêve de leur garçon d’avoir des enfants et de poursuivre la lignée, notion particulièrement importante pour cette famille d’origine chinoise.

Pas de testament

Peter Zhu n’avait pas rédigé de testament mais le juge Colangelo a statué sur base de précédentes actions et déclarations du défunt, dont sa dévotion familiale et une liste écrite d’objectifs mentionnant mariage et enfants.

“Troublant”, d'un point de vue éthique

Dans ses recommandations publiées en 2018 au sujet de l’extraction posthume à des fins de reproduction, l’Ethics Committee for the American Society for Reproductive Medicine avait jugé un tel acte “troublant” dans les situations où le défunt ne laisse pas de compagne derrière lui, estimant qu’un parent n’a pas de prétention éthique sur le matériel génétique de son enfant, puisque les parents n’auraient pas été impliqués dans une tentative de reproduction avec leur enfant comme un époux ou partenaire l’aurait été traditionnellement.

Flou juridique

En désaccord sur la décision du cas Zhu en particulier, Art Caplan, un professeur de bioéthique de la New York University School of Medicine cité par le Washington Post, pointe plus largement les considérations éthiques liées à un flou juridique, comme le fait de savoir si le défunt aurait voulu que l’enfant soit élevé par ses grands-parents, entre autres.

Frilosité médicale

S’il n’a vu aucune restriction pour l’utilisation du matériel génétique, le juge Colangelo a néanmoins noté que les parents Zhu pourraient rencontrer certains obstacles, dont la possible frilosité des médecins à l’idée d’accomplir une telle procédure.

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Peter Zhu © AP