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Kersti Kaljulaid, présidente de la République d'Estonie. © reuters

Les femmes à la tête d'un pays encore largement minoritaires

La journée de la femme ce 8 mars ainsi que la possible arrivée d'une femme à la tête du gouvernement estonien sont deux occasions de faire un tour de la position politique des femmes dans les gouvernements de par le monde.  Une question se pose: sont-elles plus nombreuses qu'avant?

Alors que l'Estonie compte déjà, depuis 2016, une présidente, Kersti Kaljulaid, à la tête du pays, une deuxième femme pourrait se hisser à ses côtés au sommet. Les élections ont validé, ce dimanche, à 28,8 % des voix, la victoire du parti libéral La Réforme. À sa tête donc, une femme, Kaja Kallas, qui sera la première femme à prendre le leadership du gouvernement, si celle-ci arrive à former une majorité. Pourquoi insister autant sur cette élection?

Un constat au niveau mondial
En 2018, seuls 21 pays dans le monde ont une femme, présidente ou cheffe de gouvernement, à leur tête. Une donnée étonnante lorsque l'on sait que les premiers pays à avoir accordé le droit de vote aux femmes l'ont fait entre la fin du 19e siècle et la première moitié du 20e siècle. Il s'écoule donc, par exemple, 123 ans entre l'accessibilité au vote pour les femmes en Nouvelle-Zélande, instituée en 1893, et la nomination, en 2016, au poste de gouverneure générale, de Patsy Reddy et l'élection, un an plus tard, de Jacinda Ardern, au poste de Première ministre.

Et en Belgique?
Chez nous, les femmes ont obtenu le droit de vote en 1948 seulement et si les choses ont bien évolués depuis, la parité politique est toujours loin d'être atteinte. Selon les chiffres publiés par l'Institut pour l'Égalité des Femmes et des Hommes, les femmes membres du gouvernement fédéral suite aux élections, sont passée de 11,8 % en 1995 à 27,8 % en 2014. En ce qui concerne les gouvernements régionaux, elles représentent, en 2014, 44,4 % au gouvernement flamand, 50 % au gouvernement bruxellois et seulement 12,5 % au gouvernement wallon.

La Belgique, comme les États-Unis, la Russie, l'Espagne ou l'Italie, n'a jamais eu de femme à la tête de son gouvernement. En Europe, seules quelques femmes, et elles se comptent sur les doigts de la main, dirigent un pays et elles sont encore bien moins sur les autres continents. Theresa May au Royaume-Uni, Sheikh Hasina au Bangladesh, Sahle-Work Zewde en Éthiopie, Halimah Yacob à Singapour, composent une minorité qui ne demande qu'à s'agrandir.

La journée de la femme est donc une occasion, parmi d'autres, de remettre le débat à l'ordre du jour et de s'intéresser sur les disparités qui existent encore, dans de nombreux domaines, entre les hommes et les femmes.