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Les réseaux sociaux version porno: un concept qui monte

Ils s'appellent Fuckbook, Pinsex, Porntube ou Uplust, les réseaux sociaux se déclinent aujourd'hui en version X. Les internautes postent, commentent et partagent du contenu pour adultes. Le concept séduit et l'offre s'agrandit.

Quatre jours après son lancement, Vine était déjà envahi de vidéos pornographiques et l'une d'entre elles se retrouvait même dans la section "choix des éditeurs". Depuis leur apparition, les réseaux sociaux font face à une prolifération de contenus pour adultes. Bien qu'une censure sévère soit appliquée, y compris à l'Origine du monde de Gustave Courbet, les internautes ne comptent pas s'arrêter là. Face à ce constat, un marché est né: le "social porn". Chaque plateforme a dorénavant son équivalent, sa version X. C'est ainsi que se sont développés Fuckbook, Pinsex, Porntube ou encore Uplust, anciennement Pornostagram. Ces sites fonctionnent de la même manière que les réseaux sociaux traditionnels: les utilisateurs postent des photos ou des vidéos, commentent et partagent celles-ci, discutent en ligne, etc. A la différence près qu'ici, les contenus sont bien évidemment explicites.

Un marché économique prometteur
Le marché est en pleine expansion et plusieurs businessmen ont déjà repéré le filon économique. Pinsex, qui fonctionne comme Pinterest, comptait 50 000 inscrits dès sa première année par exemple. D'après son fondateur, Christian Thorn, le site attirait 300 000 visiteurs par jour l'année passée. "Si les gens mettent ce genre de choses [du contenu X] sur les réseaux sociaux, c'est qu'ils veulent un site qui leur permet de le faire", explique-t-il au Guardian. "Beaucoup d'utilisateurs postent du porno amateur sur le site, et, même si ce porno n'est peut-être pas aussi beau et lisse que ce qu'on voit dans les magazines ou ailleurs, il est très populaire".

La pornographie est une industrie économique importante mais pas toujours rentable. Elle se doit donc d'innover et de se renouveler continuellement pour attirer un public parfois blasé. Jouant sur le succès du porno amateur, les réseaux sociaux X ont décollé. "Lorsque j'ai lancé Pornostagram, je pensais que les actrices porno allaient être les plus suivies, alors qu'en fait ce sont des amatrices qui ont le plus de followers. Et elles ne révèlent pas tant de choses que cela, c'est presque plus de l'érotisme", explique Quentin Lechemia aux Inrocks.

Le porno social, un concept plutôt rétro
Ces nouvelles plateformes ont également su toucher une autre corde sensible: le goût des internautes pour le partage. La force de ces sites réside en effet dans leur dimension sociale. Les utilisateurs peuvent 'liker' du contenu, recommander des photos à leurs amis, suivre des personnes qui ont les mêmes goûts ou encore discuter en ligne. Mais ce côté social ne serait pas nouveau. Interrogé par le Guardian, le professeur Sharif Mowlabocus de l'Université du Sussex estime qu'il remonte au début du XXe siècle. Il cite notamment les "blue records" des années 20 et 30 (des enregistrements audio de personnes faisant l'amour que l'on écoutait parfois en groupe) ou encore les "stag movies" (des films pornographiques diffusés au cinéma en 1940). Le réseau social X est donc moderne tout en étant rétro, et les utilisateurs en redemandent.