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Oui, vous pouvez fantasmer d'être violée sans être tordue

A moins de porter des oeillères, vous aurez constaté que désormais l'amour traditionnel (1+1=1) n'est plus le seul à exister. Désormais, on parle librement de tromperies, de libertinage tandis que Rihanna inonde les ondes avec son dernier tube, S&M. Le sexe s'étale, sous toutes ses formes, dans tous les médias. Reste un tabou sur lequel s'attarde le site YourTango, à savoir: celui du fantasme de viol qui anime une majorité de femmes, si l'on en croit le sondage réalisé par Psychological Science un peu plus tôt cette année. On y apprenait que, parmi les divers stimuli utilisés par les femmes pour s'exciter sexuellement, il y avait la violence dans les rapports sexuels et le viol.

Selon la sexologue Veronica Monet, les fantasmes de viol sont plus communs qu'on ne le pense... selon la façon dont on définit le viol. "Certaines des choses que nous considérons comme un viol aujourd'hui étaient considérées comme normales il y a quelques centaines d'années", explique-t-elle en faisant référence aux corsages qu'on déchire dans les films d'époque ou aux hommes des cavernes qui tiraient les cheveux de leur femme. "Certaines sont restées dans la culture pendant longtemps. Les femmes ont absorbé cela en quelque sorte. Maintenant, c'est un fantasme commun de vouloir être poussée contre un mur et de se faire embrasser de manière forcée."

Désir de s'abandonner complètement
Alors, est-il naturel de s'exciter en pensant à un acte qu'on condamnerait en réalité? Oui, selon Moushumi Ghose, spécialiste sexe et thérapeute conjugal, qui confie: "Par nature, les femmes cherchent à être protégées. En un sens, le fantasme de viol est un désir non seulement d'être dominée mais aussi d'être capable de s'abandonner complètement."

Et Véronica Monet précise: "Quand vous êtes dans un fantasme, vous gérez le show de A à Z. Vous pouvez contrôler tous les détails." Et de raconter son expérience personnelle: "Il faisait très chaud et excitant. Mon mari m'a attachée à une chaise, a déchiré mes vêtements et m'a forcée à lui faire une fellation. J'ai eu un orgasme énorme."

Ghose ajoute: "Les fantasmes de viol ne sont pas des fantasmes de violence. C'est surtout le fait de renoncer au contrôle." Pour que la réalisation de vos pensées coquines se passe au mieux, fixez les règles au préalable avec votre partenaire. Décidez d'un mot qui veut dire autre chose, par exemple "jaune" pour signifier à l'autre qu'il faut "ralentir" et "rouge" pour "arrête". La communication est essentielle. Expliquez à votre partenaire ce que vous voulez, ce qui vous met à l'aise et ce qui vous met mal à l'aise. C'est cela qui rendra le fantasme de viol agréable."

Avoir ce genre de fantasme n'est en aucun cas une approbation implicite du viol en réalité. Simplement, "l'excitation et l'orgasme sont un équilibre délicat entre anxiété et relaxation. Etre préoccupé et craintif ne stimule pas tout le monde." Et Véronica Monet de conclure: "Le viol est l'action de faire quelque chose contre la volonté de quelqu'un." Ce qui n'est pas le cas quand il s'agit d'un fantasme.

Dé.L.