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Adeline Blondieau est restée en contact avec Tonya Kinzinger, l'autre star de la série "Sous le soleil" © Adeline Blondieau

Adeline Blondieau: "J'étais cramée, je ne savais plus parler"

Avec "Les filles d'à côté" puis "Sous le soleil", Adeline Blondieau a marqué plusieurs générations de téléspectateurs. À la ville, elle a aussi été l'épouse du chanteur Johnny Hallyday. La comédienne et scénariste française, aujourd'hui âgée de 48 ans, a été victime d'un burn-out. Grâce à un suivi médical et une aide psychologique, elle s'en est sortie. Elle nous en parle pour la première fois. Elle évoque également avec nous ses nouveaux choix de vie. Rencontre exclusive.

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© Nicolas Dewaelheyns
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Les médecins m'ont dit que j'étais condamnée, que je ne parlerais plus, que je ne marcherais plus

Adeline, vous avez décidé de prendre un grand recul par rapport au monde du showbiz. Pourquoi?
J'ai pris le large depuis un petit bout de temps. J'ai besoin d'une nourriture humaine, d'avoir des rapports humains qui sont beaux. À un moment donné, j'ai été assez triste de la qualité des rapports humains qu'on pouvait avoir. Je trouvais surtout que c'était un milieu très cruel et très dur. Je n'y arrivais plus, parce que j'y suis depuis avant mes 18 ans. J'ai eu un gros coup de fatigue. Ce que j'entendais était tellement violent et injuste qu'il a fallu que je prenne le large parce que sinon j'allais devenir aigrie - c'est l'écueil de beaucoup de gens de ce métier -, et je n'en avais pas envie.

Il a fallu que je prenne du recul. Je me suis penchée sur ma vie intérieure, sur ma vie de famille, sur les gens que j'aime et avec lesquels j'aime passer du temps. Mais la vie avance et elle ne laisse personne indemne. Et puis, surtout, j'ai fait un énorme burn-out. Je me suis aperçue que j'étais complètement cramée. J'étais seule enfermée dans mon corps. Je ne pouvais plus parler, plus marcher. Et je voyais tout le monde qui continuait à avancer. J'en faisais trop.

Parce qu'on vous le demandait?
Oui! Je pense qu'on demande aux femmes d'en faire beaucoup. Je suis une mère célibataire. Ça demande aussi de pouvoir jouer le rôle du papa et de pouvoir tout assumer. À un moment donné, moi j'ai cramé.

C'était quand?
Il y a 8 ou 9 ans. Et puis, j'ai rencontré des cheffes d'entreprises suisses qui avaient fait un burn-out et qui se réunissaient pour en parler. Elles tiraient des leçons de ce burn-out et de ses conséquences. J'ai compris que je ne devais pas avoir honte et m'enfermer en culpabilisant. Les médecins m'ont dit que j'étais condamnée, que je ne parlerais plus, que je ne marcherais plus. Et puis, la cinquième m'a dit que j'allais m'en sortir, que je devais me faire accompagner psychologiquement et aider avec des médicaments. Mais certaines personnes sont tellement cramées qu'elles n'arrivent plus à revenir dans une vie normale.

Qu'est-ce qui vous a le plus aidée?
Mon fils. Il ne voulait plus me voir parce que j'avais perdu 12 kilos. Il voyait un fantôme à la place de sa mère. Quand j'arrivais à parler, je bégayais. Et je n'arrivais plus à marcher. J'étais une espèce de légume. Mon fils ne méritait pas d'avoir une mère comme ça. Je me suis cramée parce que j'ai trop travaillé. J'ai accepté tous les projets et finalement je suis partie en éclats.

Pour faire bouillir la marmite?
J'acceptais tout pour faire bouillir la marmite, pour ne pas dire non, pour faire plaisir à tout le monde...

Pour ne pas vous faire oublier aussi?
Ah non! C'est un paramètre auquel je n'ai même pas pensé.

"J'ai envie d'être plus utile aux autres"

Vous en êtes sortie?
J'ai remonté la pente avec une méthode de sport, qui passe par de la méditation, de la relaxation pleine conscience, des états de non-conscience modifiés, de la sophrologie... Et j'ai vu l'impact que ça avait autour de moi. Je voulais distraire les gens mais j'ai compris que je pouvais peut-être aussi les aider. J'ai envie de m'inscrire dans un autre chemin de vie, d'être plus utile aux autres. La sophrologie est une bonne entrée en matière. Je vais devenir sophrologue, je suis une formation, je vais ouvrir un cabinet et j'aiderai les gens à aller mieux. Je suis aussi très intéressée par l'aromathérapie, la naturopathie. Je travaille aussi beaucoup sur le yoga. J'ai mené des séances de yoga avec 100 ou 200 personnes, c'est toujours un moment magnifique.

Vous avez cartonné au théâtre ces deux dernières années. Ouvrir votre cabinet de sophrologie signifie-t-il que vous allez vous en éloigner?
Le théâtre est toujours une envie. J'aime le public vivant. Je suis toujours d'accord pour faire du théâtre. Je repartirai en tournée en octobre avec une pièce très drôle. J'ai envie de ne jouer que des comédies. Certains jours de la semaine, je recevrai dans mon cabinet de sophrologie, et le week-end,
je serai en tournée.

"Je ne veux pas du tout parler de Johnny"

Vous êtes en tournée avec deux spectacles pour enfants dont vous êtes l'auteure?
Le premier, "Les Pochitos", existe depuis déjà quelques années. On est deux comédiennes sur scène et trois marionnettes. Le thème est la différence. Derrière l'amusement, quand j'écris pour les enfants, il y a toujours un message qui est dit avec le sourire. Et j'ai créé le second spectacle, "Les contes d'Adeline", à Waterloo. Les 4 dates étaient complètes. Jouer pour les enfants, qui constituent un public chaleureux, me fait du bien.

Vous en aviez besoin?
Oui! Je ne suis pas une artiste qui aime souffrir. J'ai envie d'être là où les gens ont envie de me voir. Chaque fois que je joue ce spectacle, je me retrouve devant un public qui est content. Je joue aussi dans des écoles. Et les mamans viennent avec. Ça me fait plaisir parce que j'ai l'impression de m'occuper des enfants des spectatrices que j'avais quand j'étais à la télé. Cette transmission est géniale.

Et vous écrivez un 3e spectacle sur les licornes?
Vous êtes bien renseigné! Un producteur me l'a demandé. Je suis en train de l'écrire. Mais j'écris aussi un livre sur les licornes.

Lors d'une vente aux enchères, vous vous êtes récemment séparée des objets liés à la période où vous étiez mariée avec Johnny Hallyday. Pourquoi?
Je ne veux pas du tout parler de Johnny.