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"Donc, apparemment, Bruxelles a une taxe de danse... Chaque lieu ou club où des gens dansent doit payer 40 centimes par danseur par nuit. Pourriez-vous arrêter de danser?", s'est amusé jeudi le Bonnefooi sur sa page Facebook © DR

Bruxelles lève une taxe de danse

Les exploitants du café Bonnefooi, situé rue des Pierres, à deux pas de l'Ancienne Belgique en plein centre de la capitale, ont récemment découvert l'existence d'une "taxe de danse" (ou plus exactement "taxe sur les parties de danse habituelles"), qui leur a été réclamée par un contrôleur de la Ville de Bruxelles, a relaté lundi BRUZZ. La Fédération Horeca Bruxelles confirme l'existence de la taxe et s'étonne même que le bar musical y ait échappé jusqu'à présent. Au Bonnefooi, la danse est désormais interdite, ironiquement, sur affiche. L'organisation d'une danse de protestation est envisagée.

"Le contrôleur nous a expliqué que le taxe se base sur le nombre de personnes qui dansent. Elle s'élève à 40 centimes par personne, par nuit", a raconté à BRUZZ le programmateur du Bonnefooi, Nicolas Boochie. "Je pensais d'abord que c'était une blague, mais apparemment ça existe vraiment", a-t-il ajouté. "La Ville est venue plusieurs fois 'incognito' pour compter le nombre de danseurs. Ils sont partis sur une cinquantaine de personnes en moyenne un soir de week-end. Ca veut dire 20 euros par soir, et donc 160 euros par mois. Nous sommes donc redevables de près de 2.000 euros par an. Personnellement, je préférerais consacrer cet argent aux artistes qui viennent se produire chez nous", a commenté M. Boochie. "Cela dit, ce n'est pas typiquement belge: ça existe aussi en Italie, et des amis américains m'ont informé qu'une telle taxe existait là-bas aussi", a précisé le programmateur, qui s'interroge par ailleurs sur les critères pris en compte pour déterminer qu'une personne est effectivement en train de danser.

Aujourd'hui, dans les taxes et redevances communales sur le site internet de la Ville de Bruxelles, et plus particulièrement parmi les taxes sur les spectacles et divertissements, outre une "taxe sur les locaux où sont organisés des spectacles de charme", on retrouve bien la trace d'une "taxe sur les parties de danse habituelles", établie le 1er décembre 2014 (pour les exercices 2015 à 2016 inclus), en présence du bourgmestre Yvan Mayeur (PS), de l'échevine de la Jeunesse Faouzia Hariche (PS), de l'échevine de la Culture Karine Lalieux (PS) et de l'échevin des Finances et du Tourisme Philippe Close (PS) entre autres, "considérant que les parties de danse habituelles génèrent des dépenses supplémentaires pour la Ville notamment en matière de sécurité, de tranquillité publique et d'ordre public".

"Une polémique qui n'en est pas une", pour Philippe Close

La taxe évoquée est demandée conformément à un règlement qui existe depuis les années '50, le texte ayant été re-signé en 2014, a clarifié mardi l'échevin bruxellois Philippe Close.

Actuellement, 38 établissements sur le territoire de la Ville de Bruxelles paient déjà cette taxe. Le critère retenu est celui de l'affluence plutôt que celui de la superficie.

Des dispositions comparables sont appliquées à Saint-Gilles et Saint-Josse, mais aussi à Huy, Seraing ou Verviers.