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"Claustrations": dans les méandres de l'esprit humain

INTERVIEWPour son premier roman, intitulé "Claustrations", Salvatore Minni nous offre un thriller déroutant sur le thème de l'enfermement. Rencontre avec cet auteur belge que l'on espère encore croiser dans nos librairies.

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Un beau jour, Clara se réveille, seule, enfermée dans une cellule sombre grouillant d'insectes. À mille lieux de là, Charles a choisi de se cacher dans sa cave. Enfin, Concerto, totalement perdu, se retrouve dans une chambre d'isolement d'un centre psychiatrique. Ces personnages, qui subissent tous l'enfermement, ne se connaissent pas, mais sont, sans le savoir, liés par quelque chose. Difficile de vous en dire plus sans dévoiler l'intrigue de "Claustrations", le premier roman de Salvatore Minni, un auteur bruxellois. 

Avec cette histoire, Salvatore vous emmène dans un voyage déroutant, où vous ne saurez plus exactement où vous êtes, ni ce qu'il se passe réellement, avant que tout ne s'éclaire enfin dans les dernières pages, renversantes.

Comme l'auteur le conseille, ce roman se lit de préférence rapidement, "dans une pièce peu éclairée", et seul. Vous serez ainsi totalement plongé dans l'histoire et pourrez, vous aussi, éprouver une certaine forme de claustration. 

Citation

"Ils ne se connais­sent pas et pourtant, ils portent le même tatouage sur le bras. Clara, disparue depuis plusieurs semaines, se réveille un matin étendue sur le sol d'une cellule obscure et infestée d'insectes ; Monsieur Concerto tente de découvrir les raisons qui l'ont conduit dans une chambre d'isole­ment, tandis que Charles se cloître de son plein gré. Chacun d'entre eux se retrouvera face à son destin. Mais, dans leur quête de la vérité, ils se rendront très vite compte que les apparences ne sont pas celles qu'ils croyaient..."

Claustrations, Salvatore Minni

Dans votre roman "Claustrations", on suit l'histoire de plusieurs personnages qui ne se connaissent pas et qui sont tous enfermés d'une manière ou d'une autre à des endroits différents. Pourquoi avoir choisi ce thème en particulier?
J'ai écrit ce livre durant une partie de ma vie où je me sentais moi-même enfermé, donc le thème s'est imposé assez rapidement. J'ai eu envie de l'exploiter de cette manière-là, mais sans vraiment calculer les choses. En fait, j'ai créé les personnages dans le même ordre que celui dans lequel vous les découvrez en lisant le livre. Les personnages de Charles et Rose se sont imposés assez rapidement, ensuite Clara et puis les autres. J'avais envie de démontrer décrire plusieurs formes d'enfermement. Il y a notamment le personnage de Françoise que tout le monde oublie, parce qu'elle n'est pas enferme physiquement, mais elle est enfermée dans sa vie. Je voulais absolument traiter de ce thème, et surtout le faire de manière sombre.

Est-ce que vous aviez déjà un fil rouge avant de commencer l'écriture ? Saviez-vous où vous vouliez emmener vos personnages ou avez-vous préféré vous laisser porter par l'histoire ? 
Justement, c'est ça qui est fou: les personnages se profilent petit à petit. Je n'ai pas, comme certains auteurs, des fiches consacrées à chaque personnage, à chaque événement et à chaque catastrophe. Ça va vous paraître très bizarre - je pense qu'on est plusieurs dans ma tête - mais j'ai le sentiment que ce sont les personnages qui écrivent mon histoire. Ça s'impose à moi. Je ne sais pas exactement où je vais, et je suis moi-même surpris de la fin de mon roman. Au début de l'écriture, je ne me suis pas dit: 'Je veux arriver à telle fin', ça m'est venu petit à petit. 

Vos personnages sont tous très différents les uns des autres. Vous dites qu'ils se sont imposés à vous, mais est-ce que vous pensez qu'ils représentent une partie de vous-même ? pourquoi avoir choisir de telles personnalités ?
Ils s'imposent à moi dans un premier temps, et puis en me relisant, c'est là que je me suis rendu compte que j'avais développé certains traits de ma personnalité. J'ai un côté un peu fou-fou comme Concerto, même si ce n'est pas au même degré, je peux être très doux comme peuvent l'être Charles et Rose -  qui est un couple qui a touché par mal de lecteurs - , je peux être fort comme Clara et parfois un peu plus fragile comme Françoise. C'est assez surprenant de se rendre compte qu'on retrouve une part de soi-même dans chaque personnage. Ça parait un peu cliché, mais c'est pourtant vrai. D'ailleurs c'est assez comique quand des gens qui vous connaissent lisent votre roman, et disent: "Ça c'est lui!"

Vous prévenez le lecteur au début que cette histoire se déroule dans le pays où il vit et à l'époque où il vit. Mais pendant la lecture on ne peut s'empêcher de se demander où les choses se passent, et pourquoi. Est-ce que c'était une volonté de propre part de garder le lecteur dans le flou?
Oui, tout à fait. Il y a certains lecteurs qui m'ont dit qu'ils avaient été dérangés par le fait que je n'ai pas localisé l'intrigue, mais j'ai voulu leur laisser la possibilité d'imaginer leur propre environnement. Ça se passe près de chez eux, plus ou moins à leur époque et c'était pour moi une manière d'ajouter un peu de confusion. Qu'ils se demandent : "On est où? Qu'est-ce qu'il se passe exactement? Pourquoi?", un peu comme mes personnages le ressentent, parce qu'ils sont eux-mêmes perdus.

En effet, on se retrouve parfois un peu comme les personnages à ne pas savoir où on est ou ce qu'il se passe exactement...
C'est le plus beau compliment que l'on puisse me faire. C'est exactement ce que j'ai recherché à faire.

Vous expliquez également que le roman a été retravaillé. Vous estimez que "le travail d'un écrivain n'est jamais réellement terminé"». Pourquoi avoir décidé d'y retourner et de modifier votre histoire?
J'ai publié ce roman en autoédition en 2015. Il n'était donc pas encore dans la version que vous avez aujourd'hui en main, c'était une version un peu moins travaillée. Et puis j'ai tenté ma chance au Prix du Suspense Psychologique, organisé par une sœur de ma maison d'édition, Les Nouveaux Auteurs. Je suis arrivé second à ce concours, et j'ai échangé des mails avec l'éditeur qui m'a demandé si j'étais prêt à retravailler mon roman à la lumière des conseils reçus. J'ai dit oui, évidemment. C'est le rêve pour un auteur. J'ai dû rajouter des parties, il y avait des chose qui n'étaient pas claires. J'ai retravaillé le roman en suivant les conseil que l'on m'avait donné, et j'ai été publié. Même en arrivant second à ce concours, j'ai quand même gagné un contrat d'édition.

Votre roman a été publié aux éditions Nouvelles plumes, où il a été soumis aux critiques d'un panel de lecteurs. Vous avez également déjà réalisé des séances de dédicaces. Est-ce que c'est important pour vous d'échanger avec vos lecteurs? Est-ce que les retours sont bons?
Jusqu'à présent je n'ai eu que des retours positifs. Evidemment, je scrute les critiques. En tant que jeune auteur, on veut absolument que ça marche et que ça plaise, et on scrute un petit peu la critique négative, mais je pense qu'il en faut pour tout le monde. J'ai participé à la Foire du livre en février, et ça a été que du bonheur. Des lecteurs, des lectrices sont venus me voir pour me dire qu'ils ont adoré mon roman: c'est le rêve!

Est-ce que vous avez un nouveau roman en préparation?
Il est en préparation, j'ai tapé le mot fin la semaine dernière. Maintenant, je fais une petite pause avant d'entamer le gros travail de relecture, de correction et de cohérence.

"Claustrations", le premier roman de Salvatore Minni est disponible aux éditions Nouvelles Plumes. L'auteur sera en dédicaces à Bruxelles et en Wallonie durant les prochaines semaines:
- Le samedi 21 avril (Bruxelles, Fnac City 2)
- Le samedi 5 mai (Bruxelles, Club Flagey)
- Le samedi 12 mai (Liège, Club Belle-Ile)
- Le samedi 19 mai (Charleroi, Club, Ville 2)
- Le samedi 16 juin (Namur, Club Jardin d'Harscamp)
- Le dimanche 17 juin (Bruxelles, Librairie Mot Passant)
- Le samedi 23 juin (Mons, Club Grands Prés)

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