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Dans "All Inclusive", François-Xavier Demaison donne la réplique à Franck Dubosc © All Inclusive

François-Xavier Demaison: "J'adore ma relation avec ma fille"

InterviewL'acteur français donne pour la 4e fois la réplique au cinéma à son ami Franck Dubosc dans "All Inclusive", la nouvelle et excellente comédie balnéaire de Fabien Onteniente ("Jet Set", "Camping", "Disco") et Franck Dubosc. Nous l'avons rencontré.

Vous aviez déjà tourné avec Fabien Onteniente et Franck Dubosc. Qu'est-ce qui vous a séduit dans le scénario d'"All Inclusive"?
J'ai aimé ce duo et le rôle de ce type qui doit partir en lune de miel avec la belle Maïwenn et qui se retrouve à partager sa suite nuptiale avec Franck Dubosc en slip dans le meilleur des cas. J'ai trouvé ça très drôle. J'aime ces rôles façon Ventura-Brel dans "L'emmerdeur". Ce sont des références qu'a aussi Fabien. Et puis, j'aime beaucoup Franck. Je l'ai retrouvé au soleil, deux mois, en Guadeloupe, dans un club. Ça faisait suffisamment d'arguments pour.

"La belle Maïwenn", dites-vous. Mais vous ne passez pas beaucoup de temps avec elle!
Hélas! C'est une très belle rencontre, une fille super avec qui j'ai adoré tourner cette scène. J'étais très fier qu'elle soit ma femme dans le film. Il a un beau parcours mon personnage parce qu'il comprend des choses. Il est très stressé et plein d'égoïsme. Il va comprendre que pour être heureux avec les autres, il faut déjà être heureux avec soi-même. Et finalement ce personnage de clown blanc interprété par Franck va pas mal le faire évoluer.

Avec Franck, vous êtes plus que des confrères...
On est des amis.

De quelle manière fonctionnez-vous en tant qu'acteur avec lui?
On a le même respect pour notre travail. On prend la comédie très au sérieux. Franck est un bosseur, il a vraiment une envie de servir le public, de lui livrer toujours le meilleur de lui-même, il a une vraie connaissance de l'humour. On adore la comédie. Et la comédie demande d'être précis et sérieux.

Comment êtes-vous devenus amis?
On se complète bien, on prend du plaisir à regarder ce que fait l'autre. C'est une confiance qui s'acquiert aussi avec le temps. Et puis, on se fait rire. Je sais qu'il a été touché que je participe à "Tout le monde debout", son premier film de réalisateur. Et moi j'ai été très touché qu'il me le propose. Je l'ai fait de bon cœur. J'ai adoré ce film. Je le trouve très réussi. J'ai adoré jouer son curé. Sur "All inclusive", je crois que ça se perçoit dans la manière dont nous jouons tous les deux car nous nous connaissons maintenant très bien et chacun sait comment fonctionne l'autre.

Vous jouez Bruno, un type entre la quarantaine et la cinquantaine, un peu paumé, qui a abimé son couple par confort ou paresse. Pour lui, ce voyage est totalement initiatique: il va lui permettre de se retrouver. De quelle manière avez-vous construit ce personnage?
Beaucoup de gens peuvent ressembler à Bruno. Quand on a entre 40 et 50 ans, on a usé pas mal de choses dans le couple. Son problème c'est son égoïsme ou son manque d'intérêt pour les autres. Il ne s'est pas remis en question. Et ce voyage va lui permettre de faire sauter quelques verrous: d'émotion, d'empathie... Il fait tout le temps la gueule, il n'est jamais content...

Un voyage qui se déroule dans un club de vacances des Caraïbes où les clients viennent pour profiter du soleil et de la fête. Est-ce que c'est une ambiance que vous connaissiez en tant que touriste?
Mes parents m'avaient emmené au Club dans le sud de l'Espagne et en l'Italie. Et le jeune adolescent que j'étais en garde des souvenirs émus. Ce sont mes premiers bisous, la liberté, on est occupé du matin jusqu'au soir, l'indépendance, le soleil... Ce furent des vacances extraordinaires!

De quelle manière avez-vous vécu le tournage dans ce club, qui était réellement fréquenté par des touristes à ce moment-là?
Avec Franck, on a fait du jet-ski, des petites excursions. Et puis, le soir, on se retrouvait au buffet du Club Med. On en a quand même bien profité.

Il y a dans le film un joli moment, cette scène entre Josiane Balasko et Thierry Lhermitte, qui réveille des souvenirs de cinéma que nous partageons tous...
Cette scène est formidable. J'étais là quand elle a été tournée. Elle est émouvante et très drôle. Thierry et Josiane sont non seulement de supers acteurs mais aussi des gens très agréables qui connaissent parfaitement ce métier et qui ont beaucoup de recul. Je les apprécie énormément.

Certains soirs, Jean-Paul Cisse et Bruno s'interrogent sur leur place dans ce monde ultra connecté qui tourne si vite. Vous, comment vous y sentez-vous?
J'ai une petite fille de 12 ans. Je suis ultra connecté aussi. Je suis un papa 2.0. Je connais toutes les applications, les titres des chansons. En ce moment, son idole, c'est Angèle, une jeune Belge qui est extraordinaire. Je fais des belles découvertes grâce à ma fille. J'adore la relation que j'ai avec elle, j'adore qu'elle m'apprenne des choses, je trouve ça génial.

Diriez-vous que vous utilisez les nouvelles technologies intelligemment?
Oui! Mais je consulte beaucoup trop mon portable... comme tout le monde. Je gère moi-même mes réseaux sociaux. Donc, oui, je suis souvent sur mon téléphone.

Les 18 et 19 avril à L'Olympia à Paris. Réservations: www.olympiahall.com

"Thierry Le Luron et Raymond Devos me fascinaient"

On vous a découvert en 2008 avec le film "Coluche, l'histoire d'un mec"...
Ce rôle m'a valu une nomination au César du meilleur acteur (2009). Et après, j'ai enchaîné 40 films.

C'était il y a 10 ans...
C'est passé tellement vite. Il y a eu tellement de beaux films et de belles rencontres. Je suis très heureux de faire ce métier.

Qui est-ce qui vous a donné envie de monter sur scène?
Coluche et Thierry Le Luron. Je suis allé voir Le Luron et Raymond Devos sur scène. J'avais 10 ans, ils me fascinaient.

Les deux premiers étaient des provocateurs...
L'époque le permettait. La provoc était permanente.

Parfois, vous avez envie de l'être?
Dans mes spectacles, je vais quand même assez loin, mais c'est toujours à travers des personnages. Et je prends beaucoup de plaisir à ça.