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Le bonheur est juste là, sous nos yeux: ce livre, à lire en mangeant du chocolat, nous le rappelle

Joyeux et gourmand, "Qui ne se plante pas ne pousse jamais" est un roman parfait pour le printemps.

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"Qui ne se plante pas ne pousse jamais". C'est le titre du nouveau roman de Sophie Tal Men et c'est l'un des petits dictons préférés du personnage principal, Jacqueline, grand-mère espiègle au crépuscule de sa vie. Cette expression a deux sens. Elle nous dit que c'est en se trompant qu'on avance et qu'on grandit. Elle nous dit aussi que si on n'enfonce pas ses racines dans la terre, qu'on ne s'ancre pas auprès de ceux qu'on aime, on n'aura jamais la chance de s'élever vers le bonheur.

Jacqueline a une idée un peu folle: réunir Margaux, sa petite-fille, et Alexandre, le garçon qu'elle a élevé comme un fils. Ils ne se sont pas vus depuis des années et ont des vies aux antipodes. Jacqueline a bien l'intention de leur apprendre à être heureux avant de passer de l'autre côté du rivage.

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Sophie Tal Men est neurologue. Elle trouve dans l'écriture un recul, une analyse des rapports humains qui lui sont nécessaires. "Certains font de l'hypnose et de la méditation, moi j'écris. On me catalogue dans les romans feel good, aux côtés d'Agnès Ledig, de Virginie Grimaldi... L'écriture me fait du bien donc je suppose que ça veut dire que ça fait du bien à lire aussi", sourit-elle de l'autre côté de la ligne.

Avec "Qui ne se plante pas ne pousse jamais", Sophie Tal Men veut nous rappeler d'écouter nos aînés au lieu de les délaisser. Jacqueline aime le répéter: elle a plus de 80 années d'expérience de vie à son actif. "Je suis médecin, je côtoie beaucoup de personnes âgées: elles ont plein de choses à nous dire. Je me souviens qu'un jour un patient m'a dit qu'on ne pouvait pas être et avoir été. J'avais trouvé ça très émouvant. Il marchait moins bien qu'avant, il avait des difficultés pour se mouvoir. Il a dit ça comme un constat, ce n'était pas triste."

"L'extraordinaire est dans les petits bonheurs du quotidien"
Le roman joyeux de Sophie Tal Men nous rappelle qu'il faut arrêter de chercher le bonheur qu'on a sous les yeux. "L'extraordinaire est souvent là, dans les petits bonheurs du quotidien. Pas la peine de courir le monde entier comme Margaux." Margaux travaille dans l'univers du chocolat. Elle ouvre des boutiques dans différents pays et oublie sa solitude en plongeant le nez dans sa boîte de pralines. 

"Le chocolat dans le roman est un personnage à part entière. Il est plein de pouvoirs: il a le pouvoir de transmission, un pouvoir émotionnel, un rapport avec l'enfance... Petit à petit, le rapport de Margaux avec le chocolat va changer. Avant de revoir Alexandre, elle décortiquait son chocolat avec des termes techniques mais quand elle se met à lui décrire sa boîte, on se rend compte que ces chocolats représentent sa vie, les gens qu'elle aime."

Neurologue et écrivain: mais comment fait-elle?

Sophie Tal Men est neurologue. Et malgré son travail prenant et trois enfants, elle trouve le temps d'écrire des romans. Mais comment fait-elle? "Je suis organisée, j'écris le soir quand mes enfants sont couchés. Mon mari est sportif, il s'y retrouve: ça lui laisse le temps d'aller faire son tennis. J'ai diminué mon temps passé à l'hôpital. Je me prends deux après-midi par semaine pour écrire devant la mer. Quand je vais à Bruxelles, où j'ai de la famille, j'écris partout: dans une salle d'attente, dans le train."

"Je fourmille d'idée grâce à mon métier, je ne le laisserai pas tomber. J'adore être médecin et puis, j'ai fait tant d'études pour y arriver... Mon conseil pour tout gérer, c'est donc d'avoir de l'organisation. Et puis de faire comme Jacqueline: de prendre des temps de pause... Il y a une chose à mettre en priorité: la famille, l'entourage, les enfants. Ce n'est pas simple quand le roman sort mais la semaine passée, c'était les vacances de Pâques, je n'ai rien accepté."