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Le livre qui va vous aider à répondre à la question la plus difficile de toute votre vie

Laurent Gounelle est l'un des auteurs français les plus lus. Son truc: des romans basés sur l'apprentissage du bonheur, sur le développement personnel, toujours positifs. Dans son petit dernier, "Et tu trouveras le trésor qui dort en toi", Laurent Gounelle s'attaque aux fondamentaux du christianisme et compare ses préceptes avec ceux du bouddhisme, de l'hindouïsme ou du taoïsme. L'occasion de pousser les gens à se tourner vers la spiritualité, à abandonner leur ego pour répondre à cette question: "Qui suis-je, vraiment?"

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Citation

C'est difficile de savoir qui l'on est. On a tendance à s'accro­cher à ce qui nous valorise: on peut s'accro­cher à notre métier, à nos possessi­ons, notre voiture, notre maison, notre sac à main. Mais on est bien plus que tout ça... Pour savoir qui l'on est, il faut savoir se défaire de ce que l'on n'est pas.

Laurent Gounelle

Alice, dynamique et audacieuse conseillère en communication, tente d'aider son ami d'enfance Jérémie dans sa quête du paroissien. L'homme est prêtre dans une petite église de campagne et se désole de voir les bancs de son lieu de culte déserté. Alice va utiliser ses qualités en communication pour revoir complètement la façon de fonctionner de Jérémie et rendre la religion plus attirante. Athée et fière de l'être, cela va la pousser à se plonger dans les écrits datant d'il y a plusieurs siècles... Les découvertes qu'elle fera lors de sa lecture vont particulièrement l'étonner (et vous étonner).

Vous vous interrogez dans le livre: "La spiritualité élève les hommes. Si elle disparaît, que restera-t-il?" Quelle est votre réponse?
(Il rit) La vision prédominante aujourd'hui est une vision matéraliste de la vie. Il y a deux siècles, on s'est libéré de l'emprise des religieux sur la vie de chacun et on a bien fait: c'était une emprise abusive. Mais en même temps, on a peut-être jeté le bébé avec l'eau du bain. Aujourd'hui, on croit que la vie n'est que matière, que nous-mêmes nous ne sommes qu'un amas d'atomes et qu'après, il n'y a plus rien. C'est une vision assez triste, un peu pathétique de la vie. Ca veut dire qu'à partir de l'âge de 20 ans, on perd des neurones, la peau s'abîme, et ce n'est que déclin jusqu'à la fin. Cette vision de la vie induit ce dont tout le monde se plaint aujourd'hui: l'individualisme, l'égoïsme, une société basée sur le tout économique... Si ma vie n'est qu'un passage, il faut que j'en profite un maximum et donc ça pousse à consommer, à penser à ma pomme d'abord. Alors que si vous entrevoyez le fait qu'il y a peut-être autre chose, et cela n'implique même pas de croire, ça ouvre au champ des possibles et ça peut donner un autre sens à la vie.

Mais c'est difficile d'avoir la foi de nos jours...
Je suis très libre par rapport aux religons: mes parents avaient deux religions différentes, je n'ai pas été formaté à un Dieu. La démarche spirituelle n'est pas forcément synonyme de religion. La racine latine de relgion est d'ailleurs "religare" qui signifie "se relier". En fait, une religion a pour objectif initial de nous relier avec les autres, avec ce quelque chose qui nous dépasse, Dieu si l'on y croit. Ce que je constaste, c'est que les gens qui ont une religion développe un sentiment d'appartenance. On se sent chrétien, bouddhiste et au moment où on dit ça, on se coupe des autres. Si on est chrétien, on n'est pas bouddhiste. Si on est bouddhiste, on n'est pas chrétien.

La religion, finalement, divise, c'est ce que vous écrivez.
Oui. Vous obtenez le résultat contraire de l'objectif initial. C'est pour ça que je fais la distinction entre la spiritualité et la religion. Les rituels des religions sont très différents mais quand vous revenez au message d'origine, ces messages convergent: ils visent à se relier les uns aux autres, ils visent à se libérer de l'ego, à abandonner toutes ces fausses identités: on n'est pas notre profession, notre physique. La spiritualité invite à se libérer de cela.

C'est ça que vous vouliez prouver avec ce livre: peu importe notre religion, le message est le même?
J'ai commencé mes recherches avec l'espoir de trouver une convergence. Je n'étais pas certain de la trouver et j'étais heureux de la trouver.

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Et vous dites donc que les traducteurs de la Bible ont délibérement changé le message de Jésus pour mieux coller au message qu'ils souhaitaient transmettre. C'est incroyable!
C'est énorme. J'invite les gens à redécouvrir les messages d'origine. Il y a un déficit de pédagogie énorme. Jésus s'exprimait en paraboles, ça convenait à l'époque. Aujourd'hui, quand on analyse ces paraboles et qu'on découvre le véritable message de Jésus, qu'on soit chrétien ou non, c'est incroyable. Ce sont de beaux messages, universels.

Vous ne parlez pas beaucoup du Coran: parce que le message n'est pas le même?
Je l'ai lu mais je n'ai pas trouvé des messages qui allaient dans le sens des autres religions. C'est très compliqué. Je pense qu'au-delà de ce qu'on peut comprendre de prime abord dans le Coran, il faut un accompagnement pour aller chercher les messages d'origine, je n'ai pas trouvé cet accompagnement. Quand on parle de Jesus, on parle quand même des musulmans parce que Jésus est considéré comme l'un des cinq grands prophètes.

A un moment, dans ce roman, Alice envisage de lire la Bible dans le bus mais elle dissimule la couverture: elle a un peu honte...
Alice cache la couverture de la Bible parce qu'elle est athée. Mais au-delà de ça, la religion est une affaire personnelle et même Jésus lui-même invitait à ce que ça soit une démarche personnelle. Il n'a jamais voulu créer de religion. Il disait: si tu veux prier Dieu, fais-le dans l'intimité de ta chambre, il n'appelait même pas à aller au temple. L'église a été bâtie sur une phrase prêtée à Jésus. Il s'adresse à l'un de ses disciples Pierre et lui dit: 'Tu t'appelles Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon église'. Mais cela révèle une culture grecque qui n'était pas celle de Jésus. Les historiens s'accordent pour dire que Jésus n'a jamais pu prononcer cette phrase, il n'a jamais voulu créer de religion.

Plusieurs fois, vos personnages sont confrontés à leur image: celle qu'ils donnent à voir, celles qui pensent avoir. C'est ça le secret pour être heureux dans notre société aujourd'hui: se libérer de son image?
Oui, je pense. C'est difficile de savoir qui l'on est. On a tendance à s'accrocher à ce qui nous valorise, notre image, des rôles: on peut s'accrocher à notre métier, à nos possessions, notre voiture, notre maison, notre sac à main. Mais on est bien plus que tout ça... Pour savoir qui l'on est, il faut savoir se défaire de ce que l'on n'est pas. Et c'est là qu'intervient la spiritualité.

Vous faites partie des gros vendeurs de livres en France et ailleurs. Ce succès pousse à faire attention au message que vous transmettez?
Je suis libre par rapport à ça et je veux le rester. Et justement, par rapport à tout ce que je viens de vous dire: je ne m'identifie pas au succès de mes livres. J'ai eu la chance de ma vie assez jeune: j'ai connu tellement d'échecs professionnels à 23 ans que j'ai appris à ce moment-là que j'existais indépendemment de mes échecs et de mes réussites. J'allais très mal dans ma vie et j'ai perçu que je n'étais pas mon métier, ni mes possessions, ni mon physique. C'est une chance d'avoir ressenti cela si tôt dans la vie du coup quand le succès est arrivé à 40 ans, je me suis rendu compte que c'était un piège énorme de s'identifier à lui. Je suppose que quand on s'identifie à son succès, la peur doit émerger. J'ai gardé beaucoup de distances par rapport à ça.